La politique et Mustapha El Khalfi, le directeur de publication d’Attajdid, c’est une relation précoce ! Il a en effet 10 ans quand il commence à s’intéresser à la chose politique sous la houlette de son père. Du côté de sa mère, Mustapha El Khalfi est baigné dans une famille traditionnelle et attachée aux valeurs de l’Islam. Un mélange qui a participé pour beaucoup dans ce qu’il est aujourd’hui. Il est encore enfant quand Mustapha s’intéresse à la politique, et ce grâce à son père bouquiniste. «Il m’achetait chaque semaine la revue pour enfants Majed et, plus tard, il m’acheta une revue politique paraissant au Moyen-Orient. Nous débattions beaucoup de choses politiques». Le politique, son grand-père y est également pour beaucoup puisque ce dernier ouvrait les portes de sa demeure au parti de l’Istiqlal qui organisait différents événements. D’ailleurs, c’est dans cette grande demeure tellement connue à Kénitra que son grand-père avait reçu la visite de Allal El Fassi. «Jusqu’à la mi-80, mon grand-père continuait à organiser une grande cérémonie à l’occasion de la fête du Trône». Enfant, il entame sa scolarité à la mythique école Takkadoum à Kénitra. Et en 1986, il met au point une revue avec un ami, sans savoir que quelques années plus tard, il sera nommé à la tête du journal Attajdid. Il intègre également le réseau associatif en travaillant au sein de l’Association «Al-Hiwar». En 1987, alors âgé de 15 ans, Mustapha El Khalfi rencontre Abdelillah Benkirane, c’est dire que la relation entre Mustapha et l’actuel chef du gouvernement ne date pas d’hier. Matheux, il choisit de poursuivre des études en sciences-maths au lycée Mohammed V à Kénitra. En 1990, il participe à sa première grande manifestation, celle contre la guerre en Irak, alors qu’éclatait la première guerre du Golfe. Par la suite, il va intégrer l’Université Ibn Tofaïl pour des études de physique, préférant rejoindre la fac. Il rejoint en même temps l’UNEM où il fait ses armes. Et c’est probablement à partir de là que décollera une carrière politique qu’il préfère mener dans la discrétion. En effet, en 92, il est nommé responsable dans le comité de ce qui deviendra par la suite le MUR, le Mouvement Unicité et Réforme. Une année plus tard, il briguera également le poste de SG de l’UNEM à Ibn Tofaïl à Kénitra et rejoindra le secrétariat régional du PJD dans la même ville. D’ailleurs, Abdelaziz Rebbah et lui travaillent en tandem, puisqu’en 96 Mustatpha dirige la campagne électorale de son binôme. Mustapha est d’ailleurs un membre actif du parti et plutôt cérébral, préférant la réflexion et la recherche. D’ailleurs en 96, il passe un Bac libre pour entamer des études en droit. Il a d’ailleurs trois licences différentes. Et alors qu’il a le choix de faire un 3ème cycle en physique en France, il choisit de faire un 3ème cycle en sciences politiques. «C’est là où j’ai connu le professeur Mohamed Berdouzi». Une vraie amitié se noue et Mustapha se découvre une passion pour les politiques publiques entre autres sujets sur lesquels il entamera des recherches. En 98, il rejoint la rédaction de l’hebdomadaire Arraya qui deviendra Attajdid en tant qu’analyste politique. A l’époque, nous sommes en grande période d’évaluation du travail du gouvernement et des politiques publiques, le dada de Mustapha El Khalfi. Il s’intéresse également aux politiques internationales à l’égard du Maroc. L’analyse et la recherche semblent être les maîtres-mots chez El Khalfi. D’ailleurs, il animera plusieurs conférences avec Berdouzi sur ces sujets-là. Et sa curiosité le mènera en 2000 aux Etats-Unis d’Amérique dans le cadre du programme des visiteurs internationaux. S’ensuivra alors une série de visites et de séjours. Mustapha a visité au moins 20 pays et sera d’ailleurs particulièrement marqué par la visite de l’Université d’Oxford. «C’est une sorte de ville-université avec 40 % de la population composée d’étudiants et un réseau de 150 bibliothèques !». Un paradis sur terre pour cet amoureux des livres et de la recherche. Et ce d’autant plus que cela l’aide dans son Doctorat sur l’approche anglo-américaine des mouvements islamistes, un sujet d’ailleurs qui lui tient à coeur. Mieux encore, il étoffera son réseau d’amis chercheurs à travers le monde, notamment le professeur James Piscatori ou encore William Zartman. Ces préoccupations d’ordre académique ne vont pas distraire Mustapha El Khalfi de ses engagements au sein du PJD puisqu’en 2000, juste après avoir obtenu sa troisième licence en études islamiques, il travaille sur le bilan de l’équipe parlementaire du PJD. Il travaillera en étroite collaboration avec Mustapha Ramid, l’enfant terrible du PJD. Et en 2002, il est l’une des chevilles ouvrières du programme électoral du parti. Puis, ont eu lieu les événements du 16 mai. Une période très critique durant laquelle le parti a failli voler en éclats. «C’était l’une des batailles politiques les plus importantes». Mais l’une des batailles qu’il mènera à titre privé est celle de comprendre les mécanismes de prises de décisions au sein du congrès et comment les influencer sur un dossier sensible : celui du Sahara. Puisqu’en 2005 il va bénéficier d’une bourse d’étude octroyée par l’Association américaine des sciences politique et, pendant trois mois, il étudiera au congrès américain comment est construite la politique extérieure américaine. A la fin de ce programme, il déposera une demande en vue de rejoindre le Congrès en tant que cadre législatif et c’est ainsi que pendant 8 mois de plus, il travaillera à faire changer la perception sur ce dossier du Sahara. Et il nouera des amitiés au sein du congrès, qu’il entretient toujours. «Cette expérience représente un tournant dans ma vie». D’ailleurs, grâce à sa maîtrise de l’anglais, et de l’arabe évidemment, il intervient souvent sur les chaînes étrangères sur ce sujet et sur bien d’autres. Et bien qu’on lui ait fait des propositions professionnelles alléchantes, il préfère rentrer au Maroc où l’attend son poste de réd en chef à Attajdid, et surtout la campagne électorale de 2007. Il va d’ailleurs s’y consacrer totalement. Nommé la même année directeur de publication, et en tant que membre du conseil national et responsable de la commission des politiques publiques, Mustapha travaillera sur plusieurs projets, notamment la réforme de la Justice ou encore au sein de la Fédération des éditeurs de journaux. Et pendant deux ans, il va travailler sur le programme électoral du PJD de 2011 ! On le donne aujourd’hui comme un profil fortement des plus en vue de son parti. Bref, une vraie machine à travailler Mustapha El Khalfi. Son secret ? Le management du temps qu’il suit à la lettre. Sans oublier le temps consacré à sa famille, notamment à sa mère et son épouse ! Un regret ? «Le français ? Peut-être que j’aurais dû m’y atteler plus sérieusement. Mustapha croit au changement, à la stabilité et à la continuité. Des valeurs qui le motivent. Il est conscient du rôle de chacun dans le changement. Et en même temps, ce changement devra s’inscrire dans la continuité de l’histoire glorieuse du Maroc. Très croyant et très critique aussi, Mustapha El Khalfi a été confronté à la dure épreuve du décès de son père. Fort heureusement, il retrouve auprès de Benkirane, Abdellah Baha et d’autres membres du parti, l’écoute et le conseil. «Nous sommes comme une grande famille !». ■
Archives de l’Auteur:
Abdelfettah Filali, quand la passion donne des ailes
| Abdelfettah Filali a bien roulé sa bosse avant de devenir le Directeur général pour le Maroc de la compagnie aérienne Brussel Airlines. Sa motivation pour cette carrière vient de sa curiosité ! Il voulait découvrir le monde, il a été bien servi !
“J’ai toujours été très curieux de découvrir le monde et connaître d’autres pays, d’autres peuples, d’autres cultures et d’autres traditions et coutumes. C’est ce qui m’a poussé à choisir un métier dans le transport aérien». Voici donc ce qui explique le choix de carrière fait par Abdelfettah Filali. Né à Fès d’un père artisan et d’une mère au foyer, il passera une enfance insouciante dans la capitale spirituelle du Royaume où il fait ses études primaires. Imane Bouhrara / i.bouhrara@financesnews.ma |
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| 09-07-2009 |

Hassan Dabchy, le traqueur de fraude
| Plus de 20 années de pratique d’audit interne dans les institutions étrangères et marocaines de premier plan. Pour Hassan Dabchy, la fraude et le blanchiment n’ont plus aucun secret. Au début de sa carrière, il a eu à prendre une lourde décision : dénoncer ou se taire sur ce qui se passe au CIH. Il a décidé de faire son travail et de dévoiler les nombreuses fraudes découvertes lors de ses missions d’audit. Le plus grand scandale financier du Maroc moderne fait la «Une» des journaux pendant plusieurs mois et ouvre la voie à d’autres affaires. Les autorités étatiques en tirent les conséquences et portent l’affaire devant la Justice. Expert international en prévention et lutte anti-fraudes financières et opérationnelles, Hassan Dabchy, le Directeur général du cabinet HMD Consulting, est également expert judiciaire assermenté près les tribunaux. S’il en est arrivé là, c’est qu’il compte une expérience professionnelle de plus d’une vingtaine d’années dans différents organismes et pays. Une carrière riche et pleine de rebondissements de ce consultant formateur international. Lutte antifraude, audit interne, contrôle interne et gestion des risques, lutte antiblanchiment des capitaux, voilà son dada ! Après un diplôme en gestion des entreprises et un diplôme en anglais des affaires de l’Université de Cambridge, en Grande-Bretagne, Hassan Dabchy suit des études en techniques de prévention et de lutte antifraude financière et opérationnelle à l’université d’Austin du Texas, aux USA, d’où il décroche le diplôme de Certified Fraud Examiner. Une fois son diplôme en poche, il regagne le Maroc où il occupe pendant deux ans le poste de chef du service des Etudes Economiques au ministère de l’Intérieur. En 1980, il rejoindra la BMCI où, pendant trois années, il exercera en tant qu’auditeur interne et chef de mission à l’Inspection Générale. Il quittera alors le Maroc pour l’étranger où il démarre une longue expérience au sein du Groupe Banque Indosuez Crédit Agricole. Durant les treize années de cette expérience, Hassan Dabchy assumera plusieurs postes de responsabilité qui vont l’emmener tour à tour à Paris, Jeddah puis à Riyad, en Arabie Saoudite. Il fera son come-back au Maroc en 1996 pour regagner le CIH en tant que directeur chargé de l’inspection, du contrôle et du suivi. Il sera promu le 10 mars 1998, à la tête de l’Inspection Générale de cette grande institution financière. Outre la conception et le contrôle de la gestion au niveau central, Hassan Dabchy devait assurer l’inspection de tout le réseau du CIH, qui comptait à l’époque 80 agences à travers le Royaume. Une inspection qui va dans le sens d’un assistanat pour un meilleur fonctionnement du réseau et non pas celui d’un contrôle répressif. Corriger les dysfonctionnements, rationaliser la gestion pour une meilleure rentabilité, telle était la mission de Hassan Dabchy qui maîtrise bien son domaine d’action. Avec son expérience, il se rendra rapidement compte des détournements de fonds opérés au sein de la banque. Il pouvait facilement monnayer son silence, mais il a préféré porter l’affaire devant la Justice, ce qui deviendra plus tard l’affaire du CIH. Son courage lui vaudra d’être nominé en 2007 pour le «Sentinel Award», prix international décerné par l’Institut américain de lutte antifraude pour ses positions courageuses lors de ses travaux d’audit interne et investigations en tant qu’Inspecteur Général du CIH. Après cette expérience assez inédite, Hassan Dabchy prendra la direction de Mazars Finance et Tourisme spécialisé en audit et conseil. Un an plus tard, il rejoint le groupe Charles Riley Consultants International en sa qualité de secrétaire général. Mais son ambition est telle qu’il décide, en 2004, de s’installer à son propre compte. Après plus de 20 années de pratique d’audit interne dans les institutions étrangères et marocaines de premier plan, dans l’audit et l’inspection en tant que directeur de l’audit interne et inspecteur général, Hassan Dabchy crée le cabinet HMD Consulting intervenant dans le conseil aux entreprises en système de contrôle, audit interne et gestion des risques, études stratégiques et formation en finance et audit interne. Riche en expérience dans les métiers d’audit interne, de l’analyse et de la gestion des risques opérationnels, Hassan Dabchy fera de la prévention de la fraude et de la lutte contre le blanchiment de capitaux son cheval de bataille ; notamment par l’animation au Maroc et à l’étranger de plusieurs séminaires de formation et conférences internationales sur les techniques d’audit interne, la gestion des risques, la prévention de la fraude, le contrôle interne, la gestion des risques, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, formation et accompagnement de plusieurs équipes d’auditeurs internes au Maroc et à l’étranger. En tant que consultant formateur, il a également assuré, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, plusieurs séminaires de formation pour le compte d’organismes nationaux et internationaux : Crédit Agricole, OCP, ONA, CDG, Méditélécom, Upline Group, ONEP, BCP, BMCE, BMCE Capital, CMR, RCAR, Wafacash, Fondation Zakoura, ONHYM, Barid Al-Maghrib, LPEE, FEC, LYDEC, RADEM, Gabon, Sénégal, Cameroun, Guinée, Burkina Faso… Acteur et fin observateur de la vie économique et politique de son pays, ses analyses lors de ses interventions à 2MTV sont très suivies, de même que ses «Point de Vue» qu’il publie tous les mois dans un mensuel de la place. Sur le plan humain, Hassan Dabchy tient également à réussir dans le cercle familial en assurant le meilleur à ses trois enfants ! Sportif invétéré, il pratique régulièrement le jogging et le tennis. Son crédo : «Winners never cheat and cheaters never win » (les gagnants ne trichent jamais et les tricheurs ne gagnent jamais). Imane Bouhrara Portrait par le 24 juillet 2009 sur Finances News Hebdo |
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Abdelmalek Alaoui «veille» sur tout ce qui bouge
Abdelmalek Alaoui évolue dans un univers assez particulier et qui commence juste à émerger au Maroc. Celui de l’intelligence économique. En effet, s’il est le président du Forum Francophone des Affaires au Maroc, il est également associé gérant de «Global intelligence Partners». L’auteur du livre «Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc», nous livre quelques informations… stratégiques sur son parcours.
Il est futé ce Abdelmalek Alaoui ! Normal quand on se lance dans l’intelligence économique, me direz-vous ! Il faut dire que dans la vie, sa devise est : «Si tu ne peux pas passer par la porte, utilise la fenêtre, si elle est fermée, passe par la cheminée» ! Et, preuve à l’appui, c’est une personne plus que réactive ! Avec des plannings très corsés, Abdelmalek se rappelle avec nostalgie la joie d’avoir du temps quand il était enfant. «Ce qui est devenu aujourd’hui un luxe pour tout le monde. Les grandes vacances s’étalaient sur presque trois mois durant lesquels la famille était réunie».
Très tôt, il a su la voie qu’il allait suivre. «J’ai toujours été passionné par la communication politique et les «spin doctors» tels qu’on en trouve à Washington. Et j’ai failli en faire mon métier après avoir étudié aux Etats-Unis ; mais des rencontres professionnelles ont fait que je me suis intéressé à l’intelligence économique, puis je me suis passionné pour cette discipline qui allie à la fois surveillance stratégique et communication offensive. C’est donc naturellement que j’ai décidé de faire un troisième cycle à Paris pour me spécialiser en IE».
Chaque jour, Abdelmalek Alaoui démarre ses journées de la même manière. Qu’il soit au Maroc ou à l’étranger, il commence toujours par lire la presse, ainsi que les synthèses préparées par ses collaborateurs. «C’est l’étape de «mise en condition», ensuite je suis le programme de la journée que je prends soin de corriger la veille au soir sur mon agenda papier. J’essaie de tenir le moins de réunions possible et privilégie les échanges par mails ou téléphone. Comme j’ai une tendance à voir les dossiers s’empiler sur mon bureau, je me force, une fois par semaine, de faire une séance «rangement», afin de jeter ou d’archiver ce qui n’est plus nécessaire».
De par son métier, Abdelmalek Alaoui commence la veille stratégique par la lecture et son choix se porte sur les écrits utiles, notamment la presse mais aussi les ouvrages qui touchent à l’actualité brûlante ou qui tentent de deviner l’avenir. «Mais j’essaie de casser cela avec un polar ou un roman d’espionnage. J’aime aussi beaucoup les autobiographies et les journaux». A son avis, il n’y a meilleure tactique pour l’économie marocaine que d’attaquer. D’ailleurs, dans une des interviews accordées à la presse, il dit, grosso modo : «Il faut qu’on arrête de jouer à la belote et qu’on devienne plus agressif en se mettant à jouer au poker», faisant référence à l’importance de prendre des risques dans ce monde devenu très compétitif et où se livre une vraie guerre d’information.
Pour y arriver, Abdelmalek Alaoui a déjà sa petite idée : créer le manager marocain hybride; celui qui surveille comme un Chinois, analyse comme un Français et agit comme un Américain !
La compétition l’intéresse sur tous les plans, même quand il pratique son sport favori, le tennis, de manière hebdomadaire !
Par ses lectures ou probablement pour s’être lancé dans l’écriture, Abdelmalek Alaoui possède un style très particulier qui plonge rapidement le lecteur dans le vif du sujet. Il a également le sens de la répartie qui n’est d’ailleurs pas dénué d’humour. Ainsi, au lieu de répondre aux questions, il pose des colles. Quand on lui demande quelle est sa meilleure qualité et son pire défaut, il se lance : «J’aime beaucoup les réponses que donnent les gens habituellement à cette question, car ils ont tendance à donner une réponse du genre : «Je suis trop exigeant», ou bien «impatient, car j’aime le travail bien fait». Bien entendu, ceci reflète en réalité une qualité. Je vais donc me permettre de botter en touche quant à mes défauts et qualités, car c’est aux autres de déterminer ces aspects». Difficile, effectivement, de soutirer des informations à une personne qui connaît la valeur d’une information !
Il daigne néanmoins nous parler de ses goûts musicaux et cinéphiles. «Au risque de paraître ringard, j’écoute de la musique très commerciale, qui passe à la radio. Néanmoins, j’ai un faible pour Franck Sinatra. Mon film préféré est sans conteste le film français «Les patriotes» d’Eric Rochant. Le scénario, les acteurs, tout y est parfait, et l’histoire qui entoure le film est également extraordinaire, puisqu’il était promis à la Palme d’or à Cannes, avant qu’un obscur réalisateur américain n’y présente un certain «Pulp fiction», je crois que c’était en 94 ou 93».
Même si, de par son travail, Abdelmalek Alaoui a une vie sociale assez chargée, il essaye au mieux d’avoir une hygiène de vie très stricte, de dormir au maximum en se couchant assez tôt. «Malheureusement, ce n’est pas toujours possible à cause du travail …». Sa manière de déstresser est insolite. «Je dois avoir un trouble obsessionnel compulsif, mais j’aime bien faire les emplettes où me rendre dans un magasin de bricolage, c’est ce qui me détend le plus».
Sachant qu’il a peu d’amis mais beaucoup de copains, il profite des moments de vacances pour les passer avec les siens. D’ailleurs, Abdelmalek aimerait bien consacrer une année sabbatique à étudier l’histoire ou la métaphysique dans une grande université américaine ou anglaise ; mais rien d’utile, juste pour le plaisir…
Mais pour l’instant, il est toujours fidèle au poste !
Imane Bouhrara
Portrait Paru le 29 juillet 2009 sur Finances News Hebdo
Francesco Voltolina, au Maroc depuis… des lustres !
| Francesco Voltolina est le Président Directeur Général de Cristalstrass. Il fait partie d’une fratrie de sept personnes qui ont fait tout au long des 26 dernières années du lustre une vraie industrie au Maroc. Mais contrairement aux autres, il s’est entièrement consacré au Maroc depuis 2000, année où l’entreprise passe par une dure épreuve.
Il n’y a pas de juste milieu avec Francesco Voltolina : ou on l’aime ou l’on ne l’aime pas. Il faut dire qu’il a un caractère bien trempé cet Italien qui, depuis de longues années, est installé de manière permanente au Maroc. Imane Bouhrara Portrait paru le 28 août 2009 sur Finances News Hebdo |
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Jamal Rachidi, un homme engagé
| Jamal Rachidi, responsable du département marketing et communication d’Eqdom, a hérité d’un lourd nom de famille. Fils d’un ancien directeur des douanes et de la première Marocaine à avoir intégré la Régie de distribution d’eau et d’électricité, neveu du martyr Ahmed Rachidi, Jamal a choisi de batailler ailleurs, dans la Com’.
Jamal Rachidi a beaucoup d’humour ; même durant le Ramadan, il trouve la vanne qu’il faut pour arracher des sourires autour de lui. Il est capable d’improviser un one man show hilarant. Toujours la bonne accroche ou la réplique qu’il faut pour chaque situation ! Imane Bouhrara Portrait paru le 3 septembre 2009 sur Finances News Hebdo |
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| 03-09-2009 |
Driss Alaoui Mdaghri, L’«intelligent» économiste
Un homme soucieux de sa liberté. Driss Alaoui Mdaghri est difficile à mettre dans une case tant il est éclectique. Professeur, conférencier, ministre à plusieurs reprises, écrivain, poète, peintre, comédien … il est toujours en quête de cette chose qu’il n’arrive pas tout à fait à définir et qui reste, à ses yeux, inaccessible.
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Pour mieux comprendre Driss Alaoui Mdaghri, il faut remonter à son enfance. On est en juin 1944, Driss Alaoui Mdaghri voit le jour à Derb El Miter (Rue du Mètre à Fès). C’est là qu’il a passé ses premières années et où il aura une enfance plutôt heureuse choyé qu’il était par une mère aimante. Une enfance marquée par deux hommes, son père et son grand-père maternel, tous deux Aâlems de la Karaouiyne. Son grand-père, Mohammed Belarbi Alaoui, a été Cadi de Fès et ministre de la Justice. Il marquera son époque par ses engagements et formera des générations de nationalistes. «Mon père, qui était d’ailleurs disciple de mon grand-père, a perdu son emploi de professeur à la Karaouiyne après l’exil de Feu Mohammed V». Pendant ces deux années donc, le père de Driss Alaoui Mdaghri va exercer en tant que Aâdel tout en veillant sur sa petite famille. «Nous allions passer l’été à Imouzzer du Kandar où mon père possédait une petite maison en association avec un proche parent. J’ai plein de souvenirs de cette époque où, en dépit des circonstances, j’étais insoucieux de ce qui se passait. Il faut dire que mon père faisait tout son possible pour que nous ne ressentions pas trop durement certaines avanies. Une fois, mon père avait invité à la maison un Américain qu’il avait rencontré et avec lequel, je me demande encore, en quelle langue il parlait. Mon sentiment est que ce genre de rencontres peut contribuer à votre ouverture d’esprit. La lecture, notamment la lecture des contes pour enfants, a développé mon imaginaire et mon intelligence du monde». Imane Bouhrara Portrait Paru le 10 septembre 2009 sur Finances News Hebdo |
Saâd Sefrioui, jamais sans son ghassoul
| Aîné de sa famille, Saâd Sefrioui a très tôt été propulsé dans le monde adulte après le décès de son père. À 23 ans, il a dû reprendre le flambeau et assumer les responsabilités de son paternel dans le Groupe. Il est à la tête de la société du Ghassoul, laquelle a fait la renommée de sa famille. Mais, Saâd a d’autres cordes à son arc ! |
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Saâd Sefrioui a grandi dans l’ambiance familiale : très jeune, il va s’adapter à avec l’environnement des affaires en accompagnant son père. Autant dire qu’il est dans son élément. Il représente la quatrième génération de sa lignée qui a commencé en 1954. Imane Bouhrara Portrait Paru le 18 septembre sur Finances News Hebdo |
Abdou Diop, «l’oiseau migrateur»
Difficile de lui mettre le grappin dessus ! Abdou Diop, directeur associé du Cabinet Mazars Masnaoui, est très pris par le monde professionnel, mais également associatif ! Entre deux vols (il a attrapé le virus du voyage très jeune) et trois réunions, l’expert-comptable trouve un peu de temps pour «auditer» son parcours !
Abdou Diop est un citoyen du monde ! En effet, de par la carrière d’ambassadeur de son père et les différents postes qu’il a occupés, Abdou Diop voyagera et s’installera au gré de leurs pérégrinations dans différents pays : l’Inde, l’Australie, la Malaisie et le Maroc, entre autres. «J’ai donc vécu ma tendre enfance, de 2 à 11 ans pratiquement, hors du Sénégal, découvrant différents pays, différentes cultures et surtout différentes langues. Sur ces 9 ans, incontestablement, les six passés en Inde m’ont le plus marqué. J’ai découvert réellement un peuple humble, zen, ancré dans sa culture, sa religion, ses croyances et ses valeurs dont l’humanité devrait s’inspirer». Des souvenirs, encore très frais dans sa mémoire, d’une enfance heureuse et très singulière !
Ces années-là, et les différents horizons qu’il a eu à découvrir, vont inéluctablement impacter Abdou Diop dans son choix de carrière. A l’âge de 11 ans, il pensait devenir interprète, vu qu’il parle couramment plusieurs langues. «En Inde, il m’arrivait d’accompagner des invités de marque de l’Ambassade, faire leurs courses en leur servant de traducteur. C’était plaisant et ça me permettait de me faire de l’argent de poche, d’avoir beaucoup de cadeaux et aussi de sortir régulièrement». Mais, il se trouve qu’Abdou avait aussi un goût prononcé pour les maths. «Je me débrouillais aussi pas mal en maths».
Et c’est une fois collégien qu’Abdou Diop renoue avec son pays d’origine le Sénégal suivant, encore une fois, son père dans ses innombrables déplacements. «Je me suis retrouvé au Lycée Van Vollenhoven à Dakar avec un groupe qui considérait, à tort à mon avis, que les élèves les plus brillants étaient orientés en série C et que les séries littéraires étaient plutôt destinées aux jolies filles. J’ai finalement choisi la filière scientifique et décidé de finir mes études secondaires au Sénégal ».
Entre-temps, le père d’Abdou Diop sera nommé une fois encore ambassadeur au Maroc. «Je l’ai retrouvé avec certains de mes frères en vacances en juillet 1986 à Rabat, des vacances qui devaient finir en octobre de la même année puisque c’est la période de la rentrée scolaire au Sénégal. Rabat me plaisait bien et pour ne pas trop m’ennuyer à la maison pendant que mes autres frères regagnaient l’école en septembre, on m’inscrit en première « S » au Lycée Descartes. Je m’y suis plu et y ai décroché en 1988 mon bac C ».
A l’aube de l’âge adulte, son Bac en poche, Abdou Diop ne voulait pas trop changer d’environnement après ces deux années passées au Maroc. Alors, il décide de passer ses deux ans de prépa à Moulay Youssef, avant de reprendre son bâton de pèlerin pour un autre pays. Comme tout étranger, Abdou devait avoir une autorisation de la Coopération pour valider une inscription. Entre-temps, il retrouve ici des amis du Sénégal venus passer le concours de l’ISCAE. Abdou Diop s’inscrit alors au même concours qu’il réussit brillamment. Deux semaines après le démarrage des cours, il obtient son autorisation d’inscription en prépa. Dilemme ! Il devait choisir ! « J’ai eu peur de ne pouvoir rattraper le retard et j’ai opté, par défaut, pour l’ISCAE ».
En troisième année, Abdou Diop se voit faire une proposition qu’il ne pouvait refuser. Un oncle de passage à Rabat lui a proposé un stage dans son cabinet d’expertise-comptable. Une idée qui l’a enchanté !
Il passera le concours d’expertise comptable qu’il reussira en étant classé deuxième !
Les circonstances évolueront crescendo aboutissant à une installation « définitive » d’Abdou au Maroc. En effet, après quelques mois de vacances à Dakar, il rentre au Maroc où il apprend d’un ami de classe qu’Abdelkader Masnaoui, associé-gérant du Cabinet Masnaoui (une vingtaine de personnes à l’époque) et qui s’apprêtait à rejoindre le réseau Mazars, cherchait à recruter une dizaine d’expert-comptables stagiaires sur la base du classement. Abdelkader Masnaoui, qui était l’un des examinateurs d’Abdou, cherchait en effet à le joindre, mais sans succès vu que ce dernier était parti à Dakar.
«Je suis passé alors le voir et l’entrevue a duré moins de cinq minutes. Dès que je suis arrivé à son bureau, il m’a dit : «C’est pas un entretien, vous me dites quand est-ce que vous démarrez». Je lui ai dit que j’avais un petit souci, c’est que j’adore Rabat et que je préférais travailler dans cette ville. Ça tombait bien pour lui car, avec les nombreuses missions de privatisation, il venait d’ouvrir un bureau à Rabat ».
Et c’est ainsi que démarrera une longue et fructueuse collaboration entre les deux hommes à l’automne 1992. Au bout de quatre ans, Abdou Diop est nommé responsable du bureau de Rabat. « Trois ans plus tard, je devenais associé local. Et après l’obtention de mon diplôme d’expert-comptable, mon dossier a été présenté à Mazars pour devenir associé international du réseau du même nom en 2003 ».
Parallèlement à la vie purement professionnelle, Abdou Diop mène une vie associative très dense. « Je considère aussi la vie associative comme un passe-temps très utile qui permet de changer un tant soit peu la face du monde. Quand on a eu la chance, dans cette vie, de bénéficier de certains avantages (éducation, formation) et qu’on a la santé, il faut mettre cet avantage au service de la collectivité ».
Et de ce côté-là, Abdou Diop n’est vraiment pas avare de son temps, puisqu’il s’investit auprès de la communauté sénégalaise au Maroc. Il est ainsi président de l’Association des ressortissants sénégalais résidant au Maroc (ARSEREM) et également membre du Conseil et président de la Commission finances de la Fondation des émigrés sénégalais du monde qui intervient aussi beaucoup contre le fléau de l’immigration clandestine. Mais pas uniquement, puisqu’il donne un coup de main sérieux à plusieurs associations marocaines, notamment celles oeuvrant dans le micro-crédit.
Mais, il ne faut pas croire qu’Abdou Diop est uniquement un mordu du travail. Ceux qui le connaissent savent que sa devise dans la vie est : «Work hard, play harder». «Je suis partisan de la valeur travail et du mérite. On peut avoir par moment de légers coups de pouce dans la vie, mais il faut d’abord, ensuite et encore, mouiller sa chemise. Par contre, je ne suis pas adepte du « travail et rien d’autre». Travailler dur doit permettre de mieux profiter des moments de détente et de loisirs. Plus on travaille, mieux on peut «s’amuser» sans s’inquiéter. Je préfère que l’on dise de moi : «il a beaucoup travaillé, mais il s’est bien amusé», plutôt que : «le pauvre, il a travaillé toute sa vie». Mais sa principale motivation dans la vie est avant tout sa famille, son harmonie, son bien-être et l’éducation de ses enfants. «Pour moi, c’est primordial». Malgré le train de vie extrêmement stressant qu’il mène, Abdou Diop a toujours, ou pratiquement toujours, le sourire et reste zen. Certainement, une qualité qu’il a su développer quand il était en Inde. Cela dit, il donne toujours cette impression d’être pressé. «J’ai toujours l’impression que les choses ne vont pas assez vite à mon goût». Mais il s’en remet toujours à la volonté divine !
Grand lecteur et aficionado de la musique sénégalaise, Abdou Diop adore le chiffre 21 parce que c’est son jour de naissance. Il adore également évoquer les souvenirs, tellement marquants de son long passage en Inde. «Il m’est arrivé trois choses invraisemblables toujours en liaison avec l’Inde : être en voiture et voir un groupe de personnes marcher toutes nues et sans chaussures, entourées de disciples ; il s’agissait de gourous qui avaient atteint le summum de la pureté et de l’immatériel, ce qui leur donnait ce privilège de marcher tout nus. Attendre 20 minutes dans un embouteillage qu’une vache sacrée se lève ou encore voir son maître de yoga couché sur un lit hérissé de clous avec des lests sur le corps».
Mais cap sur l’avenir ! Si Abdou Diop pouvait remonter le temps, il aurait certainement fait ses études en sciences politiques pour entrer en diplomatie. Mais n’est-il pas toujours temps pour répondre aux sirènes de la politique et de la diplomatie ? Abdou Diop pourra toujours créer la surprise.
Imane Bouhrara
Portrait paru le 25 septembre 2009 sur Finances News Hebdo
Abdelhak Errakhmi, un homme de “chantiers”
Une carrière riche et pleine de rebondissements que celle d’Abdelhak Errakhmi, le nouveau Président Directeur Général de la société de Bourse FINERGY BOURSE. Né sous le signe du Poisson à Casablanca, il poussera ses études autant que faire se peut avant d’entamer sa carrière dans les secteurs bancaire et financier qui le happeront pendant plus de 22 ans !
Très mature depuis sa tendre enfance, tel était Abdelhak Errakhmi, comme le lui ont expliqué sa mère et sa grand-mère. Né après ses deux sœurs, il est l’aîné des garçons. Ce qui lui vaudra une relation très privilégiée avec feu son père, un professionnel de la pêche maritime. Ses grands parents aussi aimaient à le voir chez eux. C’est ainsi qu’il passait des jours et des jours en leur compagnie. Il coulera ainsi une enfance douce et sereine et suivra une scolarité qui le mènera vers un Bac dans la branche économique. Bien qu’ayant été reçu, une première fois, au grand concours de l’ISCAE, Abdelhak Errakhmi caressait depuis sa tendre enfance l’ambition de poursuivre ses études en France et c’est ce qu’il fit.
Abdelhak Errakhmi, alors âgé de 19 ans, rejoint l’Institut Universitaire de Technologie de Grenoble pour y poursuivre des études en informatique de gestion. Mais le rêve tournera court ! « J’ai été obligé d’interrompre mes études et de revenir au Maroc après le décès brutal de mon regretté père ». Ce fut probablement là le choc de sa vie. En tant que premier homme de la famille, il a préféré mettre ses études en veille pour être auprès de sa mère qui devait, seule, prendre les commandes de la famille et gérer les deux chalutiers de pêche laissés par le défunt et qui employaient une vingtaine de pêcheurs.
Il aura fallu plus de trois mois à Abdelhak Errakhmi pour tout mettre en place et assurer une gestion de l’héritage. Mais cela l’a bien mis en retard par rapport à ses études ; alors, il a carrément laissé tomber la France pour rester auprès des siens, quitte à passer une année blanche. Il décide alors de retenter sa chance en repassant le concours de l’ISCAE et, une fois de plus, il était reçu. Il va y démarrer ses études et jongler entre la rage d’apprendre -rien ne valait ses études- et cette nouvelle responsabilité de chef de famille. En effet, il se réveillait très tôt, chaque jour, pour aller d’abord au port de Casablanca y superviser le retour des deux chalutiers avant de reprendre le chemin de l’ISCAE et se préparer pour une longue et studieuse journée. Ce furent quatre années très denses en apprentissage sur tous les plans ! Le couronnement viendra en 4ème année, puisque Addelhak Errakhmi terminera majeur de sa promo en option finance.
Il pouvait, dès lors, postuler pour d’importants postes de responsabilité, mais il restait assoiffé de savoir, notamment sur le plan de la recherche et de l’analyse. « Je devais pousser davantage mes études et allier pratique et stratégie ! ». C’est pourquoi il renoue avec la France où il s’inscrit pour un DESS en Stratégie & Finance d’entreprises avant d’enchaîner avec un DEA en Sciences de gestion à l’Institut d’Administration des Entreprises de Bordeaux. Ses études doctorales aboutiront, en 1988, à l’obtention d’un Doctorat en sciences de gestion, option finance avec mention «très honorable». Mais pas seulement, puisque Abdelhak Errakhmi reçoit les félicitations du jury pour avoir obtenu ce doctorat en un temps record : deux ans contre une moyenne nationale (France) de trois à quatre ans. Il faut dire qu’Abdelhak Errakhmi n’a pas chômé depuis qu’il a posé pied en France. Même en n’étant pas boursier et ne disposant pas de suffisamment de ressources, il décide de ne pas travailler et ne fait qu’étudier d’arrache-pied. « «C’était mon choix de me consacrer entièrement à mes études et à mon travail de recherche ! ». Il sera immédiatement recruté par le Crédit Lyonnais où il a travaillé durant six mois pendant la préparation de sa thèse de Doctorat. Son assiduité, sa régularité et son sérieux dans son travail de recherche sur la pratique des prévisions financières et sa contribution à la performance d’une entreprise lui vaudront un poste, au sein de la même banque, qui lui a permis de pousser au plus loin la réflexion sur ce sujet. Et c’est ainsi qu’il entre de plain-pied dans le secteur bancaire, sous d’autres cieux, certes, mais ce n’était que le premier pas dans une carrière qui durera plus de 22 ans.
Deux ans plus tard, Abdelhak Errakhmi décide de rentrer au pays comme il l’avait prévu avant même son arrivée en France. Nous sommes en décembre 1988, Abdelhak Errakhmi est approché par plusieurs organismes notamment bancaires, dès son arrivée. En janvier 1989, alors qu’il est sur la ligne droite pour rejoindre la Direction des Impôts ou la Trésorerie Générale, Abdelhak Errakhmi doit étudier une troisième option : le privé. Et c’est sans hésitation qu’il rejoint Wafabank où il passera une importante partie de sa carrière. D’abord en tant que haut cadre attaché à la direction de développement et stratégie. Après huit mois d’activité, Abdelhak Errakhmi va soumettre à ses supérieurs une demande assez insolite : il souhaite, en effet, faire de l’exploitation, aller sur le terrain. Et c’est ainsi que, pendant trois années, il sera en charge d’abord du développement d’une agence puis du lancement d’une nouvelle succursale. Entre-temps, il reçoit une proposition fort alléchante d’une holding marocaine où il bossera pendant quatre mois avant de revenir à ses premières amours : la banque ! « J’ai vu mon salaire quadrupler mais, avec le temps, je ne voyais pas, comme je l’aurais souhaité, un plan de développement de ma carrière. Alors, j’ai préféré quitter pour revenir à Wafabank ».
Les responsables de la banque l’accueillent à bras ouverts vers la fin de 1992. À l’époque, la banque réfléchissait à la création d’une banque d’affaires. Abdelhak Errakhmi est immédiatement mis dans le coup. Il a fallu alors développer les principaux métiers du marché de Capitaux : Asset management, intermédiation boursière, capital développement, marché monétaire,… et intégrer le tout sous une seule bannière, ce qui permit le lancement d’ une des toutes premières banques d’affaires de la place. Et c’est ainsi qu’est née Wafa Gestion que Abdelhak Errakhmi a eu le plaisir de créer et de développer. Une success story puisque ce fut la première société de gestion de la place avec un leadership confirmé et une grande capacité d’innovation. L’aventure se poursuivra alors pendant 13 années de suite jusqu’en 2005. Les responsables de la banque avaient, en effet, d’autres propositions pour Abdelhak Errakhmi après que ce dernier a fait preuve de grande capacité et de passion pour la création et le développement de nouveaux projets. À l’époque, Wafabank et BCM étaient en train de fusionner pour donner naissance au champion national Attijariwafa. Mais cela ne pouvait se faire sans la fusion des filiales des deux banques. Et c’est ainsi qu’incomba à Abdelhak Errakhmi la tâche de veiller à la fusion de Wafa Gestion et d’Attijari Management, mais également l’incorporation après son rachat de Crédit du Maroc Gestion. Il fallait assurer l’émergence du 1er pôle gestion d’actifs au Maroc avec 43 % de part s de marché.
Ce chantier à peine terminé, Abdelhak Errakhmi se voit confier de nouvelles responsabilités, d’envergure et de dimension internationales, par l’ex-PDG d’Attijariwafa bank : le projet Europe d’Attijariwafa bank. Il est ainsi nommé responsable du réseau Europe en mars 2005. Depuis son siège social à Paris, il devait assurer, durant cette phase de fusion entre les deux banques, une harmonisation au niveau du réseau présent dans 7 pays européens. Et, surtout, créer et mettre en place une nouvelle structure, Attijariwafa bank Europe, filiale bancaire du groupe, dont la mission est de doter le groupe d’une structure juridique et réglementaire à même de répondre aux exigences légales et, aussi, de jouer le rôle de fer de lance pour le développement du groupe à l’international : Europe, Maghreb, Afrique de l’Ouest et Moyen-Orient ! Une belle expérience internationale.
«C’était pari gagné puisqu’au 28 décembre 2005, la banque était créée, après six mois de dur labeur ! ».
La banque, qui n’avait que 14 agences en France, en comptait 25 en septembre 2008 et, au total, 50 en Europe, grâce à un déploiement du « Passeport européen » réussi, et quelque 235 collaborateurs.
La réussite dans ses projets et de son parcours professionnel, Abdelhak Errakhmi la doit aussi à la présence, au soutien et à la complicité de sa petite famille. :Son épouse et ses deux fils, Amine et Ali, lesquels ont dû consentir, particulièrement pendant leur quatre années d’expatriation en Europe, des sacrifices et accepter des privations. Ce qu’ils essaient de compenser par moments, mêmes rares, de retrouvailles pour partager, entre autres, une des passions de Abdelhak Errakhmi : les voyages.
Après 22 ans de carrière, Abdelhak Errakhmi a décidé de passer à autre chose !
« J’avais envie d’aller vers un nouveau défi. C’est ainsi que j’ai été nommé PDG de Finergy Bourse, dans le cadre d’un partenariat fructueux avec les actionnaires de celle-ci, pour en faire un acteur qui compte sur la place casablancaise ! ». Avec mes actionnaires et l’ensemble des équipes, nous ambitionnons de faire du Groupe Finergy un pôle financier intégré. « Sur les trois à quatre années à venir, nous comptons élargir le champ de métiers et d’expertises afin de pouvoir apporter à notre clientèle une réelle valeur ajoutée ! ». Bon vent !
Imane Bouhrara
portrait paru le 30 septembre sur Finances News Hebdo



a Régie des tabacs, avant d’être nommé Directeur de la Caisse de Compensation auprès du Premier ministre en 1971. C’est ensuite toute une série d’expériences 