Abdelfettah Filali, quand la passion donne des ailes

Posted 03/10/2009 by portraitsdumaroc
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Abdelfettah Filali a bien roulé sa bosse avant de devenir le Directeur général pour le Maroc de la compagnie aérienne Brussel Airlines. Sa motivation pour cette carrière vient de sa curiosité ! Il voulait découvrir le monde, il a été bien servi ! 

“J’ai toujours été très curieux de découvrir le monde et connaître d’autres pays, d’autres peuples, d’autres cultures et d’autres traditions et coutumes. C’est ce qui m’a poussé à choisir un métier dans le transport aérien». Voici donc ce qui explique le choix de carrière fait par Abdelfettah Filali. Né à Fès d’un père artisan et d’une mère au foyer, il passera une enfance insouciante dans la capitale spirituelle du Royaume où il fait ses études primaires. 
«Nous avons dû déménager à Casablanca parce que mon grand frère devait y aller pour travailler aux PTT. On ne pouvait pas le laisser déménager tout seul, alors on l’a accompagné». Toute la famille aménage à Casablanca où Abdelfettah Filali poursuivra ses études secondaires jusqu’au Bac, au Lycée Mohammed V. Après cela, il poursuivra ses études par correspondance en Economie et en Transports et Tourisme. 
«Après le Bac, j’ai passé un concours pour rejoindre la compagnie Air France. Je considère que c’est là où j’ai appris mon métier (Plusieurs stages au Maroc et en France)». Il rejoindra par la suite Pan American, Carlson Wagonlits, Sabena, Qatar Airways et maintenant Brussels Airlines. «Vous constatez qu’au début de ma carrière, j’ai transité par pas mal de compagnies. À mon avis, c’est la recherche de formation et de changement d’environnement qui développe les connaissances générales et professionnelles». Après avoir bien roulé sa bosse, il intègre la Sabena pour y rester presque 26 ans jusqu’à la faillite de celle-ci en 2001. 
Après la banqueroute de cette dernière, Abdelfettah Filali passera un an et demi chez Qatar Airways au lieu de rejoindre Brussels Airlines. «Parce que Brussels Airlines ne desservait pas le Maroc à l’époque». 
Le travail pour une compagnie aérienne va donc lui permettre de joindre l’utile à l’agréable. «Travaillant dans une compagnie aérienne, nous avons le droit d’avoir autant de billets que nous souhaitons et de manière presque gratuite (nous payons seulement 10 % mais nous voyageons dans la limite des places disponibles). Cela m’a permis de visiter pendant mes congés les quatre continents. J’ai été dans presque soixante pays différents : en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Afrique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie. On dit bien : le voyage forme l’esprit !». 
Durant l’un de ses voyages, Abdelfettah Filali fera une rencontre invraisemblable. «Je rencontre un ami que je n’avais pas vu depuis une vingtaine d’années et, figurez-vous, dans une petite ville chinoise. Et le comble, c’est qu’il y était aussi en visite !» 
En ce qui concerne sa carrière professionnelle, la formation généralisée de Abdelfettah Filali dans le domaine a été enrichie par différents stages et séminaires à Paris, New York, Bruxelles, Doha et Dubai. «Cela m’a permis de décrocher le poste de Directeur général pour le Maroc pour Brussels Airlines». Abdelfettah Filali, en plus d’avoir bénéficié de stages et de séminaires, doit également le succès de son parcours à sa persévérance, en gravissant une à une les étapes, en travaillant dans tous les départements(Ventes, Aéroport, Commercial, 
Marketing/). «Ma formation s’est faite avec les études par correspondance et surtout par l’expérience, les stages et les séminaires». 
Cette persévérance, il l’a héritée de son père puisque ce dernier lui a inculqué qu’un homme doit toujours faire de son mieux pour être le meilleur. «Ma motivation a toujours été mon père, que Dieu l’ait en Sa sainte miséricorde, qui a toujours travaillé très dur pour élever ses quatre enfants. C’était l’exemple pour moi. Il faut travailler pour réussir et donner le meilleur de soi-même». Dans son travail quotidien, Abdelfattah Filali préconise l’ordre et la rigueur. Chez lui, les tâches s’accomplissent par ordre de 
priorité. Quand on travaille avec lui, on ne rigole pas avec la ponctualité ! 
L’aérien est un métier difficile et cette rigueur se comprend. C’est également un métier très stressant, c’est pourquoi Abdelfettah Filali apprécie le sport. Et puis, faut-il rappeler qu’il est un ancien Karatéka. Il est ceinture noire, un grade obtenu en 1974. Actuellement, il pratique un sport plus soft : le tennis. «Cela m’apporte un bien-être physique et moral». 
Après la famille, les amis occupent une importante place dans la vie d’Abdelfettah Filali. «Malheureusement, ce n’est pas toujours réciproque». Cela dit, il apprécie bien retrouver ses potes autour d’une partie de cartes marocaines : Touti. Outre le tennis, Abdelfetah Filali passe le plus clair de son temps libre à lire. «Je lis un peu de tout mais surtout tout ce qui se rapporte à mon métier (transport et tourisme) ainsi que la littérature française. J’aime beaucoup lire Tahar Benjelloun». 
A l’opposé de ses lectures, beaucoup plus francophones, ses goûts musicaux convergent essentiellement vers la musique classique arabe. Et combien d’heures passe-t-il à se délecter en écoutant Mohamed Abdelwahab, ou encore Oum Keltoum, Smahan, Farid Alatrache ou le «rossignol brun» Abdelhalim Hafez. La musique n’est pas la seule forme d’art qu’il apprécie. En effet, il est grand amateur du 7ème art qui est, selon Abdelfettah Filali, une autre forme de voyage ! 
«Oui, j’aime beaucoup le cinéma, surtout les films d’action !». Et de l’action, Abdelfattah Filali en connaît dans sa vie, notamment à travers des voyages insolites qu’il effectue ! Cette année encore, il partira en vacances au Canada pour, comme il dit, découvrir le côté des autochtones. Son péché mignon, la gourmandise. Faut dire qu’avec ses nombreux voyages, son palais en est devenu plus fin à force de déguster les cuisines du monde ! 
Si au jour d’aujourd’hui Abdelfettah Filali est satisfait de son parcours, il aimerait bien enseigner à l’avenir. «J’ai toujours aimé enseigner ; je l’ai fait d’ailleurs dans le domaine du tourisme, notamment dans des écoles spécialisées où j’ai animé des séminaires». Conseiller à la Chambre de Commerce Belgo-Luxembourgeoise au Maroc entre autres responsabilités, il y est chargé de la formation. Abdelfettah Filali travaille pour concrétiser son projet d’avenir : ouvrir un centre de formation et de mise à niveau des compétences dans le transport et le tourisme. Un rêve qu’il ne manquera pas de concrétiser ! 

Imane Bouhrara / i.bouhrara@financesnews.ma

09-07-2009

abdelfattah filali

Hassan Dabchy, le traqueur de fraude

Posted 03/10/2009 by portraitsdumaroc
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Plus de 20 années de pratique d’audit interne dans les institutions étrangères et marocaines de premier plan. Pour Hassan Dabchy, la fraude et le blanchiment n’ont plus aucun secret. Au début de sa carrière, il a eu à prendre une lourde décision : dénoncer ou se taire sur ce qui se passe au CIH. Il a décidé de faire son travail et de dévoiler les nombreuses fraudes découvertes lors de ses missions d’audit. 
Le plus grand scandale financier du Maroc moderne fait la «Une» des journaux pendant plusieurs mois et ouvre la voie à d’autres affaires. Les autorités étatiques en tirent les conséquences et portent l’affaire devant la Justice.

Expert international en prévention et lutte anti-fraudes financières et opérationnelles, Hassan Dabchy, le Directeur général du cabinet HMD Consulting, est également expert judiciaire assermenté près les tribunaux. S’il en est arrivé là, c’est qu’il compte une expérience professionnelle de plus d’une vingtaine d’années dans différents organismes et pays. Une carrière riche et pleine de rebondissements de ce consultant formateur international. 
Lutte antifraude, audit interne, contrôle interne et gestion des risques, lutte antiblanchiment des capitaux, voilà son dada ! 
Après un diplôme en gestion des entreprises et un diplôme en anglais des affaires de l’Université de Cambridge, en Grande-Bretagne, Hassan Dabchy suit des études en techniques de prévention et de lutte antifraude financière et opérationnelle à l’université d’Austin du Texas, aux USA, d’où il décroche le diplôme de Certified Fraud Examiner. Une fois son diplôme en poche, il regagne le Maroc où il occupe pendant deux ans le poste de chef du service des Etudes Economiques au ministère de l’Intérieur. En 1980, il rejoindra la BMCI où, pendant trois années, il exercera en tant qu’auditeur interne et chef de mission à l’Inspection Générale. Il quittera alors le Maroc pour l’étranger où il démarre une longue expérience au sein du Groupe Banque Indosuez Crédit Agricole. Durant les treize années de cette expérience, Hassan Dabchy assumera plusieurs postes de responsabilité qui vont l’emmener tour à tour à Paris, Jeddah puis à Riyad, en Arabie Saoudite. 
Il fera son come-back au Maroc en 1996 pour regagner le CIH en tant que directeur chargé de l’inspection, du contrôle et du suivi. Il sera promu le 10 mars 1998, à la tête de l’Inspection Générale de cette grande institution financière. Outre la conception et le contrôle de la gestion au niveau central, Hassan Dabchy devait assurer l’inspection de tout le réseau du CIH, qui comptait à l’époque 80 agences à travers le Royaume. Une inspection qui va dans le sens d’un assistanat pour un meilleur fonctionnement du réseau et non pas celui d’un contrôle répressif. Corriger les dysfonctionnements, rationaliser la gestion pour une meilleure rentabilité, telle était la mission de Hassan Dabchy qui maîtrise bien son domaine d’action. 
Avec son expérience, il se rendra rapidement compte des détournements de fonds opérés au sein de la banque. Il pouvait facilement monnayer son silence, mais il a préféré porter l’affaire devant la Justice, ce qui deviendra plus tard l’affaire du CIH. 
Son courage lui vaudra d’être nominé en 2007 pour le «Sentinel Award», prix international décerné par l’Institut américain de lutte antifraude pour ses positions courageuses lors de ses travaux d’audit interne et investigations en tant qu’Inspecteur Général du CIH. Après cette expérience assez inédite, Hassan Dabchy prendra la direction de Mazars Finance et Tourisme spécialisé en audit et conseil. Un an plus tard, il rejoint le groupe Charles Riley Consultants International en sa qualité de secrétaire général. Mais son ambition est telle qu’il décide, en 2004, de s’installer à son propre compte. Après plus de 20 années de pratique d’audit interne dans les institutions étrangères et marocaines de premier plan, dans l’audit et l’inspection en tant que directeur de l’audit interne et inspecteur général, Hassan Dabchy crée le cabinet HMD Consulting intervenant dans le conseil aux entreprises en système de contrôle, audit interne et gestion des risques, études stratégiques et formation en finance et audit interne. 
Riche en expérience dans les métiers d’audit interne, de l’analyse et de la gestion des risques opérationnels, Hassan Dabchy fera de la prévention de la fraude et de la lutte contre le blanchiment de capitaux son cheval de bataille ; notamment par l’animation au Maroc et à l’étranger de plusieurs séminaires de formation et conférences internationales sur les techniques d’audit interne, la gestion des risques, la prévention de la fraude, le contrôle interne, la gestion des risques, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, formation et accompagnement de plusieurs équipes d’auditeurs internes au Maroc et à l’étranger. En tant que consultant formateur, il a également assuré, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, plusieurs séminaires de formation pour le compte d’organismes nationaux et internationaux : Crédit Agricole, OCP, ONA, CDG, Méditélécom, Upline Group, ONEP, BCP, BMCE, BMCE Capital, CMR, RCAR, Wafacash, Fondation Zakoura, ONHYM, Barid Al-Maghrib, LPEE, FEC, LYDEC, RADEM, Gabon, Sénégal, Cameroun, Guinée, Burkina Faso… 
Acteur et fin observateur de la vie économique et politique de son pays, ses analyses lors de ses interventions à 2MTV sont très suivies, de même que ses «Point de Vue» qu’il publie tous les mois dans un mensuel de la place. Sur le plan humain, Hassan Dabchy tient également à réussir dans le cercle familial en assurant le meilleur à ses trois enfants ! Sportif invétéré, il pratique régulièrement le jogging et le tennis. 
Son crédo : «Winners never cheat and cheaters never win » (les gagnants ne trichent jamais et les tricheurs ne gagnent jamais). 

Imane Bouhrara 

Portrait par le 24 juillet 2009 sur Finances News Hebdo

hassan dabchy

Abdelmalek Alaoui «veille» sur tout ce qui bouge

Posted 03/10/2009 by portraitsdumaroc
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Abdelmalek Alaoui évolue dans un univers assez particulier et qui commence juste à émerger au Maroc. Celui de l’intelligence économique. En effet, s’il est le président du Forum Francophone des Affaires au Maroc, il est également associé gérant de «Global intelligence Partners». L’auteur du livre «Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc», nous livre quelques informations… stratégiques sur son parcours.M. Alaoui

Il est futé ce Abdelmalek Alaoui ! Normal quand on se lance dans l’intelligence économique, me direz-vous ! Il faut dire que dans la vie, sa devise est : «Si tu ne peux pas passer par la porte, utilise la fenêtre, si elle est fermée, passe par la cheminée» ! Et, preuve à l’appui, c’est une personne plus que réactive ! Avec des plannings très corsés, Abdelmalek se rappelle avec nostalgie la joie d’avoir du temps quand il était enfant. «Ce qui est devenu aujourd’hui un luxe pour tout le monde. Les grandes vacances s’étalaient sur presque trois mois durant lesquels la famille était réunie».

Très tôt, il a su la voie qu’il allait suivre. «J’ai toujours été passionné par la communication politique et les «spin doctors» tels qu’on en trouve à Washington. Et j’ai failli en faire mon métier après avoir étudié aux Etats-Unis ; mais des rencontres professionnelles ont fait que je me suis intéressé à l’intelligence économique, puis je me suis passionné pour cette discipline qui allie à la fois surveillance stratégique et communication offensive. C’est donc naturellement que j’ai décidé de faire un troisième cycle à Paris pour me spécialiser en IE».

Chaque jour, Abdelmalek Alaoui démarre ses journées de la même manière. Qu’il soit au Maroc ou à l’étranger, il commence toujours par lire la presse, ainsi que les synthèses préparées par ses collaborateurs. «C’est l’étape de «mise en condition», ensuite je suis le programme de la journée que je prends soin de corriger  la veille au soir sur mon agenda papier. J’essaie de tenir le moins de réunions possible et privilégie les échanges par mails ou téléphone. Comme j’ai une tendance à voir les dossiers s’empiler sur mon bureau, je me force, une fois par semaine, de faire une séance «rangement», afin de jeter ou d’archiver ce qui n’est plus nécessaire».

De par son métier, Abdelmalek Alaoui commence la veille stratégique par la lecture et son choix se porte sur les écrits utiles, notamment la presse mais aussi les ouvrages qui touchent à l’actualité brûlante ou qui tentent de deviner l’avenir. «Mais j’essaie de casser cela avec un polar ou un roman d’espionnage. J’aime aussi beaucoup les autobiographies et les journaux». A son avis, il n’y a meilleure tactique pour l’économie marocaine que d’attaquer. D’ailleurs, dans une des interviews accordées à la presse, il dit, grosso modo : «Il faut qu’on arrête de jouer à la belote et qu’on devienne plus agressif en se mettant à jouer au poker», faisant référence à l’importance de prendre des risques dans ce monde devenu très compétitif et où se livre une vraie guerre d’information.

Pour y arriver, Abdelmalek Alaoui a déjà sa petite idée : créer le manager marocain hybride; celui qui surveille comme un Chinois, analyse comme un Français et agit comme un Américain !

La compétition l’intéresse sur tous les plans, même quand il pratique son sport favori, le tennis, de manière hebdomadaire !

Par ses lectures ou probablement pour s’être lancé dans l’écriture, Abdelmalek Alaoui possède un style très particulier qui plonge rapidement le lecteur dans le vif du sujet. Il a également le sens de la répartie qui n’est d’ailleurs pas dénué d’humour. Ainsi, au lieu de répondre aux questions, il pose des colles. Quand on lui demande quelle est sa meilleure qualité et son pire défaut, il se lance : «J’aime beaucoup les réponses que donnent les gens habituellement à cette question, car ils ont tendance à donner une réponse du genre : «Je suis trop exigeant», ou bien «impatient, car j’aime le travail bien  fait». Bien entendu, ceci reflète en réalité une qualité. Je vais donc me permettre de botter en touche quant à mes défauts et qualités, car c’est aux autres de déterminer ces aspects». Difficile, effectivement, de soutirer des informations à une personne qui connaît la valeur d’une information !

Il daigne néanmoins nous parler de ses goûts musicaux et cinéphiles. «Au risque de paraître ringard, j’écoute de la musique très commerciale, qui passe à la radio. Néanmoins, j’ai un faible pour Franck Sinatra. Mon film préféré est sans conteste le film français «Les patriotes» d’Eric Rochant. Le scénario, les acteurs, tout y est parfait, et l’histoire qui entoure le film est également extraordinaire, puisqu’il était promis à la Palme d’or à Cannes, avant qu’un obscur réalisateur américain n’y présente un certain «Pulp fiction», je crois que c’était en 94 ou 93».

Même si, de par son travail, Abdelmalek Alaoui a une vie sociale assez chargée, il essaye au mieux d’avoir une hygiène de vie très stricte, de  dormir au maximum en se couchant assez tôt. «Malheureusement, ce n’est pas toujours possible à cause du travail …». Sa manière de déstresser est insolite. «Je dois avoir un trouble obsessionnel compulsif, mais j’aime bien faire les emplettes où me rendre dans un magasin de bricolage, c’est ce qui me détend le plus».

Sachant qu’il a peu d’amis mais beaucoup de copains, il profite des moments de vacances pour les passer avec les siens. D’ailleurs, Abdelmalek aimerait bien consacrer une année sabbatique à étudier l’histoire ou la métaphysique dans une grande université américaine ou anglaise ; mais rien d’utile, juste pour le plaisir…

Mais pour l’instant, il est toujours fidèle au poste !

Imane Bouhrara

Portrait Paru le 29 juillet 2009 sur Finances News Hebdo

Francesco Voltolina, au Maroc depuis… des lustres !

Posted 03/10/2009 by portraitsdumaroc
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Francesco Voltolina est le Président Directeur Général de Cristalstrass. Il fait partie d’une fratrie de sept personnes qui ont fait tout au long des 26 dernières années du lustre une vraie industrie au Maroc. Mais contrairement aux autres, il s’est entièrement consacré au Maroc depuis 2000, année où l’entreprise passe par une dure épreuve.

Il n’y a pas de juste milieu avec Francesco Voltolina : ou on l’aime ou l’on ne l’aime pas. Il faut dire qu’il a un caractère bien trempé cet Italien qui, depuis de longues années, est installé de manière permanente au Maroc. 
Simple rappel chronologique : on est en 1960. Francesco et son frère Achille, alors mineurs fauchés, décident de se lancer dans le commerce de la bijouterie en verre de Venise. Si la ville italienne est le centre de leur production, ils choisissent alors de développer leur activité à partir du centre de la mode de l’époque, Düsseldorf en Allemagne. Un vrai challenge pour ces deux Italiens dans une Europe encore fermée. En effet, à l’époque seuls les grands groupes pouvaient exporter, or, même si les deux frères commencent à petite échelle, ils se lancent directement dans l’exportation vers le nord et le centre de l’Europe, et même en Amérique. 
Au fil des années, les frères Voltolina constatent que leurs meilleurs clients sont de l’Extrême-Orient : Chine, Corée, Taiwan, Philippines … Sur le rapport qu’il entretient avec son frère Achille dans cette grande aventure, Fransesco explique : 
«Lui c’est la force, moi le management ». Un duo complémentaire et efficace qui, aux côtés des autres frères Voltolina, permettra de bâtir un empire. 
En 1972, Francesco choisit alors la Chine comme point d’importation. «Nous étions parmi les premiers en Chine, mais nous avons rencontré de graves problèmes de contrefaçon puisque nous n’avions pas de marque déposée ni de contrat d’exclusivité ». 
Une dure expérience mais qui a permis à Francesco d’accumuler plus d’expérience sur les différents marchés dans lesquels il travaille. 
L’activité de la bijouterie se développe, mais les frères Voltolina veulent également se déployer dans le lustre de cristal. «Nous n’avions pas assez de fonds pour lancer ce projet; alors il a fallu faire preuve d’ingéniosité. Nous avons ainsi décidé de lancer ce projet dans un pays en voie de développement. 
Entre l’Europe de l’Est encore très fermée et l’Amérique latine trop loin, les Voltolina étaient indécis. « Entre-temps, le Maroc avait adopté la loi sur le retour des capitaux étrangers; alors nous avons été parmi les premiers investisseurs étrangers à venir s’y installer. Nous avions une petite taille et très flexible, alors nous nous sommes adaptés au pays ». Après plus de 26 ans d’activité au Maroc, Francesco Voltolina estime aujourd’hui que c’était le meilleur choix qui pouvait se faire. « J’ai connu et apprécié le Maroc en tant que touriste en le visitant dans les années 70, depuis j’ai appris à le connaître profondément. C’est un pays que j’aime ». Settat était à l’époque une petite bourgade qui ne disposait même pas d’une ligne téléphonique directe, mais elle fait partie de la zone 4 bénéficiant de grands avantages fiscaux pour attirer les investisseurs. 
L’unité de production emploie alors 1.000 salariés dans la ville de Settat, des artisans italiens sont venus dispenser des formations aux artisans marocains. 
«Les débuts n’étaient pas évidents, mais nous avions eu le soutien des autorités. Depuis, nous avons développé l’industrie du lustre au Maroc par le transfert du savoir-faire de nos artisans à Venise. Nous sommes une entreprise où règne un esprit citoyen et une grande solidarité ». 
Pour y parvenir, l’entreprise est également passée par une phase difficile. Alors que Francesco était installé en Italie, il a dû quitter son pays d’origine pour venir s’installer au Maroc en 2000. La crise et les tensions sociales étaient telles qu’il a dû laisser sa famille pour gérer les problèmes de Cristalstrass. 
« Je me rends une fois par moi en Italie pour voir ma femme, ma fille et mon 
fils ». 
Très ponctuel et faisant preuve de beaucoup de sang-froid, il a su en un rien de temps absorber les tensions sociales et les différents problèmes liés à l’activité. Son secret ? « Je ne suis pas jaloux de mes employés, qu’ils soient bien formés ou bien motivés pécuniairement. Au contraire, ça m’apporte une grande valeur ajoutée car ma valeur est la somme des valeurs de tous ceux qui travaillent pour moi. J’ai vite compris la mentalité des gens ici et j’ai appris à m’y adapter ». 
Mieux, il a décidé de fédérer ses salariés autour du projet de création d’une marque spécifique de lustres réalisée par Cristalstrass baptisée Voltolina. Une marque qui sera déployée sur 20 franchises au Maroc d’ici 2010. 
«Nous avons aujourd’hui au niveau de Settat la possibilité de réaliser les rêves de tout créateur ! et tout en produisant aussi des articles accessibles à différentes clientèles ». D’ailleurs, Francesco a de grandes ambitions, notamment celle d’ouvrir un showroom à Dubaï pour présenter les lustres made in Morocco ! Il ne se décourage pas, même si un tel rêve nécessite un million d’euros d’investissement ! 
Bien qu’il travaille dans les métiers du luxe, que ce soit à travers les lustres ou encore la marque de bijoux Antica Murrina, Francesco se retrouve dans le social et apporte sa contribution aux évènements de la ville de Settat. Même sa devise dans la vie peut sembler contradictoire, vu son statut. « Tu ne dois pas augmenter tes entrées mais limiter tes dépenses. Même mes frères ne cessent de me répéter que je n’aime pas l’argent ! ». Francesco sait qu’il peut sembler parfois contradictoire en jonglant entre l’être et l’avoir. 
Lecteur assidu, les livres sont son seul shopping ! Le sport et la musique classique sont ses principaux hobbies. 
« J’ai eu la vie que j’ai choisie et je n’y changerai rien. J’ai fait ce que je voulais même si je me suis retrouvé dans des situations difficiles ». 

Imane Bouhrara 

Portrait paru le 28 août 2009 sur Finances News Hebdo 

Francesco Voltolina

Jamal Rachidi, un homme engagé

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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Jamal Rachidi, responsable du département marketing et communication d’Eqdom, a hérité d’un lourd nom de famille. Fils d’un ancien directeur des douanes et de la première Marocaine à avoir intégré la Régie de distribution d’eau et d’électricité, neveu du martyr Ahmed Rachidi, Jamal a choisi de batailler ailleurs, dans la Com’.

Jamal Rachidi a beaucoup d’humour ; même durant le Ramadan, il trouve la vanne qu’il faut pour arracher des sourires autour de lui. Il est capable d’improviser un one man show hilarant. Toujours la bonne accroche ou la réplique qu’il faut pour chaque situation ! 
Mais, au fond, c’est une personne très sérieuse et qui s’intéresse de près à son environnement. 
Cadet de trois frères, il est né à Casablanca mais passe une grande partie de son enfance à Hamrya, à Meknès. Il sera arraché de l’insouciance de l’enfance après le décès tragique de son père. «C’est une réelle tragédie dans ma vie. Quand vous perdez votre père, vous ne perdez pas seulement l’homme mais une partie de vous». 
Jamal dit fièrement être le produit de sa mère qui a bataillé pour que ses enfants ne manquent de rien et n’aient besoin de personne. 
«Depuis la mort de mon père, j’ai compris que dans la vie il faut batailler pour ses droits et non pas attendre qu’on vous les octroie». Il s’estime chanceux d’avoir eu la belle vie qu’il a eue, ne manquant de rien grâce au sacrifice d’une mère dévouée à ses enfants. 
Il poursuivra ses études à l’école publique et a déjà une idée de ce qu’il veut faire dans la vie. «Je ne voulais pas entreprendre de longues études pour gagner rapidement ma vie ; car je ne voulais pas demander davantage à ma mère qui nous a tant donné». Il était fasciné par le monde de la communication et il voulait en faire son métier ; alors, après un 
Bac D, il intègre Com Sup à Casablanca. 
«Nous croyions révolutionner la Com’ !». Une fois son diplôme en poche, Jamal Rachidi effectue ses premiers pas dans la vie professionnelle du côté de l’annonceur en rejoignant l’équipe marketing de Bayer. On est dans les années 90, c’est l’époque de l’émergence du marchandising et du marketing opérationnel. Ça tombe bien puisque Jamal découvrira chez Bayer l’école anglo-saxonne de la Com’. «Elle privilégie le terrain sur la théorie, une expérience très importante pour Jamal qui commence à comprendre qu’entre anglo-saxons et francophones, il n’est pas seulement question de différence de langues mais aussi de mentalité et de perception. 
Il restera chez Bayer quatre années avant de rejoindre, de l’autre côté de la barrière, les agences de Com’. Et pendant une dizaine d’années, il plongera dans le monde de la créativité et de la production : Klem Euro RSCG, Zone Bleue DDB, Capricorne, Cinemapress Young&Rubicam, Shem’s … il a bien roulé sa bosse. Et il a le temps tout de même de préparer un Master en communication politique ! Forcément après 14 ans, Jamal a éprouvé l’envie de souffler en s’offrant une année sabbatique. C’est ainsi qu’il passera l’année 2003-2004 à New York où il découvrira de près le pays de l’oncle Sam. «Les gens là-bas ont une autre perception des choses. C’est une ville cosmopolite où l’on découvre des gens de tous bords, mais chacun d’eux se bat pour son identité !». 
En tant que spécialiste de la Com’, Jamal apprécie particulièrement les focus groupes où la parole est donnée au consommateur pour émettre son avis sur un produit ou une publicité. «Il est important de réaliser des études de comportement du consommateur». Ce dernier évolue rapidement. Sa perception aussi. L’évolution même des supports de communication doit être étudiée ! «Je pense que pour atteindre le consommateur, il faut arrêter de penser à sa place et essayer de regarder le monde à travers ses yeux». 
Après s’être pleinement ressourcé, Jamal Rachidi va intégrer Eqdom où il doit gérer la communication de produits différents, pour des clients différents sur des supports différents. Il va rapidement établir un plan d’action pour un travail bien organisé. «Nous avons opté pour une spécialisation par métier car les communicants ne peuvent exister que collectivement. Nous avons deux formes de travail à gérer : les rendez-vous calendaires et les actions marketing récurrentes ». 
Mais avant de communiquer avec le public externe, Jamal Rachidi croit dur comme fer à la pertinence de la communication interne qui contribue à créer une émulation des salariés autour des produits élaborés pour les clients. «Les salariés sont notre premier public et lorsque vous les valorisez ils vous le rendent bien!». 
Jamal Rachidi a compris que le Marocain est très émotif et que le rire, comme émotion, est l’un des moyens les plus efficaces de la Com’. 
Mais, il ne faut pas croire qu’il ne fait que rigoler à longueur de journée; il est même un peu caractériel. Il n’aime pas qu’on le bouscule, ni qu’on mette en doute sa parole. «Mon pire défaut, je pense, est ma nervosité et de ne pas être sélectif avec mon entourage, ce qui peut se retourner contre moi, parfois». Sa meilleure qualité, c’est qu’il a bon cœur, comme le disent de lui ses connaissances. 
Dans la vie privée, il est plutôt casanier, consacrant le plus clair de son temps à sa femme et à son fils de 13 ans, Abderrahmane, qu’il aime tant. «J’aime également être en présence de gens cultivés, ceux qui me tirent vers le haut !». Il aime aussi lire des livres engagés, voir des films engagés, et assister aux conférences de débat. «J’aime particulièrement lire Roger Garaudy et Alija Izet Bojovic et les auteurs engagés pour de vraies causes». Il est lui-même engagé dans le milieu associatif puisqu’il est, entre autres, conseiller en communication d’une association caritative. Jamal Rachidi est également grand supporter de foot qu’il pratique également comme loisir. «Dans le foot, j’aime le travail d’équipe !». 
Croyant beaucoup au destin, Jamal Rachidi changerait trois choses s’il pouvait remonter le temps. «J’aurais tout d’abord opté pour une carrière scientifique cartésienne où blanc veut dire blanc et noir, noir. La deuxième chose est que j’aurais pratiqué beaucoup plus de sport parce que c’est important pour notre santé et notre bien-être. Et puis j’aurais pu y faire carrière puisque j’étais champion du Maroc de basket à Meknès dans la section des minimes. Enfin, j’aurais attendu d’avoir 35 ans avant de me marier, ça m’aurait évité une bêtise monumentale que je regrette à ce jour!». Pas amer pour deux sous, Jamal Rachidi est très reconnaissant envers Dieu pour tout ce qu’il lui a donné ! 

Imane Bouhrara

Portrait paru le 3 septembre 2009 sur Finances News Hebdojamal rachidi

03-09-2009

Driss Alaoui Mdaghri, L’«intelligent» économiste

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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Un homme soucieux de sa liberté. Driss Alaoui Mdaghri est difficile à mettre dans une case tant il est éclectique. Professeur, conférencier, ministre à plusieurs reprises, écrivain, poète, peintre, comédien … il est toujours en quête de cette chose qu’il n’arrive pas tout à fait à définir et qui reste, à ses yeux, inaccessible. 

 

Pour mieux comprendre Driss Alaoui Mdaghri, il faut remonter à son enfance. On est en juin 1944, Driss Alaoui Mdaghri voit le jour à Derb El Miter (Rue du Mètre à Fès). C’est là qu’il a passé ses premières années et où il aura une enfance plutôt heureuse choyé qu’il était par une mère aimante. Une enfance marquée par deux hommes, son père et son grand-père maternel, tous deux Aâlems de la Karaouiyne. Son grand-père, Mohammed Belarbi Alaoui, a été Cadi de Fès et ministre de la Justice. Il marquera son époque par ses engagements et formera des générations de nationalistes. «Mon père, qui était d’ailleurs disciple de mon grand-père, a perdu son emploi de professeur à la Karaouiyne après l’exil de Feu Mohammed V». Pendant ces deux années donc, le père de Driss Alaoui Mdaghri va exercer en tant que Aâdel tout en veillant sur sa petite famille. «Nous allions passer l’été à Imouzzer du Kandar où mon père possédait une petite maison en association avec un proche parent. J’ai plein de souvenirs de cette époque où, en dépit des circonstances, j’étais insoucieux de ce qui se passait. Il faut dire que mon père faisait tout son possible pour que nous ne ressentions pas trop durement certaines avanies. Une fois, mon père avait invité à la maison un Américain qu’il avait rencontré et avec lequel, je me demande encore, en quelle langue il parlait. Mon sentiment est que ce genre de rencontres peut contribuer à votre ouverture d’esprit. La lecture, notamment la lecture des contes pour enfants, a développé mon imaginaire et mon intelligence du monde». 
Au lendemain de l’indépendance, le père de Driss est nommé juge à Casablanca puis président de la Cour d’appel du Charaâ. Driss Alaoui Mdaghri rejoint alors le lycée Moulay Hassan qui jouxtait la Cour où officiait son père au quartier des Habous. Mais pas pour longtemps, puisque ce dernier ayant été nommé magistrat à la Cour suprême, c’est le déménagement à Rabat. Au lycée Moulay Youssef où Driss Alaoui Mdaghri poursuit désormais ses études, le jeune élève fait preuve de beaucoup de dynamisme. Il est actif et crée avec ses camarades l’Amicale du lycée, puis lance le journal du lycée. En fait, l’histoire, les langues, la philosophie, ces clés d’accès à différentes cultures, l’ont toujours attiré ! Alors il optera pour la branche littéraire ! 
Après le Bac, le choix des études s’est imposé de lui-même. « Mon père m’avait suggéré de faire l’Ecole de Commerce de Paris, mais moi je voulais rester au Maroc. Je rejoignis donc la Faculté de Droit à Rabat pour étudier les sciences politiques qui sont à mi-chemin entre le droit et l’économie». Il étudiera la sociologie en parallèle pour obtenir un DEA en plus d’un diplôme «of proficiency in English» de l’université du Michigan. S’il avait pu, il aurait sûrement fait le tour de toutes sortes de disciplines en raison de sa curiosité pour tout ce qui est de l’ordre du savoir. Cela étant, il se montre particulièrement actif sur le plan culturel. Dès sa première année de Fac, il créa le Meeting Club qui regroupe de jeunes marocains parlant anglais. Dans le cadre de ce club, les étudiants donnent des représentations théâtrales en anglais comme «The Importance of Being Ernest» d’Oscar Wilde. Des sorties, des conférences et des bulletins ponctuent cette activité débordante. Cette année-là, il part en voyage d’été en Angleterre. Un voyage mémorable dont il raconte les péripéties avec une joie non dissimulée ! 
Même si l’Université bouillonnait à l’époque, Driss Alaoui Mdaghri, qui partageait bien des idées de certains de ses condisciples, ne s’est jamais laissé embrigader et défendait ses propres opinions. «J’ai toujours été réfractaire à tout embrigadement politique. Ainsi, même en ayant initié une association comme le Meeting Club, qui bénéficiait de la sympathie des services culturels américains, j’animais des conférences où je fustigeais les bombardements américains sur le Vietnam et j’organisais des débats autour des problèmes majeurs de notre société, avec quelques amis, hors de tout cadre dans lequel notre liberté de réfléchir et de penser ce que nous voulions aurait été compromise. J’ai toujours estimé que j’étais assez grand pour me faire ma propre opinion sur ce qui se passe autour de moi et, pas plus hier qu’aujourd’hui, je n’ai eu de maître à penser. Je me sens ainsi plus libre. Oui à la confrontation des idées, non à l’embrigadement». 
Sa licence en poche, il se marie avec l’élue de son cœur. 
Détenant un doctorat en Droit de l’Université ( Institut du Droit de la Paix et du Développement) de Nice, Driss Alaoui Mdaghri amorce alors une longue et riche carrière professionnelle qui démarre à Bank Al-Maghrib où il était attaché de direction chargé d’ études économiques, à lDriss Alaoui Mdaghri2a Régie des tabacs, avant d’être nommé Directeur de la Caisse de Compensation auprès du Premier ministre en 1971. C’est ensuite toute une série d’expériences 
professionnelles, notamment à Alger 
où il sera Directeur du Centre 
Maghrébin d’Etudes et de Recherches Administratives jusqu’en 1975. La recherche, le monde de l’entreprise ou encore l’enseignement, Driss Alaoui Mdaghri est un touche-à-tout et ne trouve aucune difficulté dans le mélange des genres. «Le savoir est un tout, il est dès lors difficile de le compartimenter !». Difficile d’ailleurs de lui parler de frontières entre telle ou telle discipline, encore plus entre tel ou tel pays ! «Les frontières sont factices ! C’est une commodité, au meilleur des cas et toujours une contrainte». 
Mais l’une des expériences qui a le plus marqué Driss Alaoui Mdaghri est certainement la direction de l’ISCAE. « La direction de cet établissement, entre 1976 et 1983, a été une expérience intense parce qu’en même temps que je faisais des choses utiles, je continuais mon apprentissage ! » 
Driss Alaoui Mdaghri occupera plusieurs hautes fonctions, en plus d’avoir été à plusieurs reprises ministre, notamment de l’Energie et des Mines, de la Jeunesse et des Sports, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement ! Mais ce qui lui tient à cœur, c’est vraiment de créer des espaces d’échanges culturels, humains et artistiques. Il est particulièrement actif au sein de deux associations : l’Association Marocaine d’Intelligence Economique et la Fondation des Cultures du Monde qui cherche à mettre des passerelles entre différentes cultures. Il a également été sollicité pour présider la Commission Economie à la CGEM. De même qu’on le sollicite partout pour animer des débats et des conférences. 
«Pourquoi sommes-nous là ? Cette question est le début de la pensée. C’est elle qui nous met sur le chemin de la sagesse sans jamais être sûr d’avoir une réponse !» 
Cela ne l’empêchera pas de chercher, de lire, de creuser, de débattre … C’est sa façon de créer son propre chemin. «Nous sommes l’accumulation de nos expériences qui représentent un capital de vécu. Si nous avons eu la chance de les vivre de manière positive, cela nous permet d’être riches de nous-mêmes !». 
Pas avare de son savoir, il le partage. Ainsi, après avoir publié plusieurs livres, il éditera à fin octobre un conte en quatre parties. Et puis, il écrit quotidiennement, notamment ses mémoires ! 
«Si j’avais la possibilité de remonter le temps, je pense que je m’engagerais dans une démarche à deux piliers pour mieux comprendre ce que nous sommes : la philosophie et la science, la physique principalement ! ». La quête continue ! 

Imane Bouhrara 

Portrait Paru le 10 septembre 2009 sur Finances News Hebdo 

Saâd Sefrioui, jamais sans son ghassoul

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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Aîné de sa famille, Saâd Sefrioui a très tôt été propulsé dans le monde adulte après le décès de son père. À 23 ans, il a dû reprendre le flambeau et assumer les responsabilités de son paternel dans le Groupe. Il est à la tête de la société du Ghassoul, laquelle a fait la renommée de sa famille. Mais, Saâd a d’autres cordes à son arc !

Saâd Sefrioui a grandi dans l’ambiance familiale : très jeune, il va s’adapter à avec l’environnement des affaires en accompagnant son père. Autant dire qu’il est dans son élément. Il représente la quatrième génération de sa lignée qui a commencé en 1954. 
«Mon père insistait sur deux valeurs importantes qu’il nous a inculquées : l’honnêteté et la modestie. C’est pourquoi la direction et les salariés se considèrent comme une seule et même famille. Parce que dans la vie, on ne sait jamais ce qui peut arriver !». 
Son père insistera aussi sur le fait que l’argent ne tombe pas du ciel, alors, il faut le mériter et ne pas le dépenser à tort et à travers. 
En plus du penchant entrepreneurial, Saâd va développer très tôt une fibre politicienne. C’est sans doute ce qui explique le fait qu’il ait opté pour une formation en Droit des Affaires à l’Université Panthéon Assas Paris II. Il enchaînera avec un Bachelor en Administration des Affaires à HEC Montréal. « J’ai particulièrement apprécié le fait de découvrir cette culture à mi-chemin entre les cultures européenne et américaine. «C’est une culture qui m’a beaucoup appris parce que l’on est dans la concret et on nous apprend à gérer des situations réelles !». 
Après son retour au Maroc, il pouvait se contenter d’un poste de responsabilité et travailler confortablement au sein de l’entreprise familiale. Mais il n’en fut rien ! Dès son retour au Maroc, Saâd Sefrioui développera plusieurs sociétés marocaines. 
Il saisit ainsi l’opportunité de la loi mise en place par le Gouvernement en 2007 concernant la détaxe et crée une joint-venture avec le Groupe Fintrax, via sa filiale Premier Tax Free, pour la mise en place du service de détaxe destiné aux non-résidents en visite au Maroc, lequel était géré par la Société Morocco Tourist Refund SA dont il est l’Administrateur directeur général. 
Il est d’ailleurs le premier à arriver au bureau et le dernier à en repartir. Et c’est de Casablanca qu’il veille également à la modernisation de la production du Ghassoul, une activité vieille de 60 ans. D’ailleurs, la devise que Saâd a adoptée est la continuité. « Je veux préserver un nom et une histoire ; je veux pérenniser le Ghassoul et donner ainsi un sens à ce qu’ont fait mes aïeux ». Ayant tout le temps un stylo à portée de main et un bloc-notes à proximité, Saâd Sefrioui n’arrête pas de planifier. Et des idées, il en a plein la tête ! «Je suis très méthodique et très organisé. Tout ce que je fais durant la journée est planifié à l’avance». C’est cette organisation qui lui permet d’être sur plusieurs fronts à la fois. Ainsi, en plus de diriger l’activité du Ghassoul au sein de l’entreprise et d’administrer le premier Tax Free, Saâd Sefrioui se trouve être l’un des plus jeunes diplomates puisqu’il est nommé, à l’âge de 25 ans, Vice-Consul Honoraire de Madagascar au Maroc en mai 2007. Et c’est une responsabilité qu’il prend très au sérieux en œuvrant dans le sens de renforcer les relations entre les deux pays et favoriser les échanges et le développement des affaires de part et d’autre. Il est d’ailleurs désigné Directeur du Madagascar Trade Center (MTC) du Maroc en juillet 2006. 
Membre de la CGEM ou encore du CJD et des chambres de commerce, Saâd Sefrioui est très actif sur le plan économique, notamment dans la région de Fès-Boulmane. Toujours sur le plan professionnel, il s’est présenté récemment pour la présidence d’une fédération ! Le militantisme, ça le connaît surtout depuis qu’il défend bec et ongles les produits du terroir marocain ! 
Son travail acharné lui vaudra plusieurs distinctions et récompenses, notamment le 10ème Trophée de l’exportation édition 2006. 
Mais, son cœur bat résolument pour la politique. D’ailleurs, il n’avait pas résisté à ses sirènes une première fois en 2007 lorsqu’il devient sympathisant de l’Association 2007 Daba pour la sensibilisation de la société civile pour les élections législatives marocaines. Et il est déterminé, non pas à se contenter de critiquer l’action politique, mais de mettre la main à la pâte. C’est un rêve qu’il effleure depuis des années ! «L’économie et la politique font bon ménage !». Saâd Sefrioui est d’ailleurs membre fondateur et vice-président de l’Association «Le Maroc Change» qui se veut un cadre d’échanges et d’initiation de la jeune élite marocaine à la politique. 
Sur ses orientations politiques, Saâd Sefrioui estime que seul lui importe l’intérêt du pays ! Il est d’ailleurs ouvert à toutes propositions, pourvu qu’elles aillent dans ce sens. 
Depuis qu’il est de retour au Maroc, il y a de cela 5 ans, Saâd a vite appris à tempérer. « Je n’étais pas patient, mais j’ai appris à l’être ». 
Sa mère et sa fiancée sont ses principales conseillères. Surtout quand rien ne va plus. Et c’est normal quand on est perfectionniste et qu’on refuse d’essuyer des revers. «Ça me pose beaucoup de problèmes ! Et ça peut peser sur les gens qui travaillent avec moi». Mais quoi de mieux qu’une partie de golf pour oublier les tracas de la vie active et des journées de travail qui durent 14 à 16 h ? 
Saâd Sefrioui travaille actuellement sur d’importants projets de business qui vont dans le sens du développement et de la diversification des activités du groupe. Et c’est naturellement à lui qu’il revient de créer et développer. « Je suis dans mon élément ! ». Comme un poisson dans l’eau, il se fraye un chemin dans la communauté marocaine des affaires à pas sûrs, en attendant de concrétiser son rêve d’enfant : entrer de plain-pied dans la politique ! 

Imane Bouhrara

Portrait Paru le 18 septembre sur Finances News Hebdo saadsefrioui

 

Abdou Diop, «l’oiseau migrateur»

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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Difficile de lui mettre le grappin dessus ! Abdou Diop, directeur associé du Cabinet Mazars Masnaoui, est très pris par le monde professionnel, mais également associatif ! Entre deux vols (il a attrapé le virus du voyage très jeune) et trois réunions, l’expert-comptable trouve un peu de temps pour «auditer» son parcours !

Abdou Diop est un citoyen du monde ! En effet, de par la carrière d’ambassadeur de son père et les différents postes qu’il a occupés, Abdou Diop voyagera et s’installera au gré de leurs pérégrinations dans différents pays : l’Inde, l’Australie, la Malaisie et le Maroc, entre autres. «J’ai donc vécu ma tendre enfance, de 2 à 11 ans pratiquement, hors du Sénégal, découvrant différents pays, différentes cultures et surtout différentes langues. Sur ces 9 ans, incontestablement, les six passés en Inde m’ont le plus marqué. J’ai découvert réellement un peuple humble, zen, ancré dans sa culture, sa religion, ses croyances et ses valeurs dont l’humanité devrait s’inspirer». Des souvenirs, encore très frais dans sa mémoire, d’une enfance heureuse et très singulière ! 
Ces années-là, et les différents horizons qu’il a eu à découvrir, vont inéluctablement impacter Abdou Diop dans son choix de carrière. A l’âge de 11 ans, il pensait devenir interprète, vu qu’il parle couramment plusieurs langues. «En Inde, il m’arrivait d’accompagner des invités de marque de l’Ambassade, faire leurs courses en leur servant de traducteur. C’était plaisant et ça me permettait de me faire de l’argent de poche, d’avoir beaucoup de cadeaux et aussi de sortir régulièrement». Mais, il se trouve qu’Abdou avait aussi un goût prononcé pour les maths. «Je me débrouillais aussi pas mal en maths». 
Et c’est une fois collégien qu’Abdou Diop renoue avec son pays d’origine le Sénégal suivant, encore une fois, son père dans ses innombrables déplacements. «Je me suis retrouvé au Lycée Van Vollenhoven à Dakar avec un groupe qui considérait, à tort à mon avis, que les élèves les plus brillants étaient orientés en série C et que les séries littéraires étaient plutôt destinées aux jolies filles. J’ai finalement choisi la filière scientifique et décidé de finir mes études secondaires au Sénégal ». 
Entre-temps, le père d’Abdou Diop sera nommé une fois encore ambassadeur au Maroc. «Je l’ai retrouvé avec certains de mes frères en vacances en juillet 1986 à Rabat, des vacances qui devaient finir en octobre de la même année puisque c’est la période de la rentrée scolaire au Sénégal. Rabat me plaisait bien et pour ne pas trop m’ennuyer à la maison pendant que mes autres frères regagnaient l’école en septembre, on m’inscrit en première « S » au Lycée Descartes. Je m’y suis plu et y ai décroché en 1988 mon bac C ». 
A l’aube de l’âge adulte, son Bac en poche, Abdou Diop ne voulait pas trop changer d’environnement après ces deux années passées au Maroc. Alors, il décide de passer ses deux ans de prépa à Moulay Youssef, avant de reprendre son bâton de pèlerin pour un autre pays. Comme tout étranger, Abdou devait avoir une autorisation de la Coopération pour valider une inscription. Entre-temps, il retrouve ici des amis du Sénégal venus passer le concours de l’ISCAE. Abdou Diop s’inscrit alors au même concours qu’il réussit brillamment. Deux semaines après le démarrage des cours, il obtient son autorisation d’inscription en prépa. Dilemme ! Il devait choisir ! « J’ai eu peur de ne pouvoir rattraper le retard et j’ai opté, par défaut, pour l’ISCAE ». 
En troisième année, Abdou Diop se voit faire une proposition qu’il ne pouvait refuser. Un oncle de passage à Rabat lui a proposé un stage dans son cabinet d’expertise-comptable. Une idée qui l’a enchanté ! 
Il passera le concours d’expertise comptable qu’il reussira en étant classé deuxième ! 
Les circonstances évolueront crescendo aboutissant à une installation « définitive » d’Abdou au Maroc. En effet, après quelques mois de vacances à Dakar, il rentre au Maroc où il apprend d’un ami de classe qu’Abdelkader Masnaoui, associé-gérant du Cabinet Masnaoui (une vingtaine de personnes à l’époque) et qui s’apprêtait à rejoindre le réseau Mazars, cherchait à recruter une dizaine d’expert-comptables stagiaires sur la base du classement. Abdelkader Masnaoui, qui était l’un des examinateurs d’Abdou, cherchait en effet à le joindre, mais sans succès vu que ce dernier était parti à Dakar. 
«Je suis passé alors le voir et l’entrevue a duré moins de cinq minutes. Dès que je suis arrivé à son bureau, il m’a dit : «C’est pas un entretien, vous me dites quand est-ce que vous démarrez». Je lui ai dit que j’avais un petit souci, c’est que j’adore Rabat et que je préférais travailler dans cette ville. Ça tombait bien pour lui car, avec les nombreuses missions de privatisation, il venait d’ouvrir un bureau à Rabat ». 
Et c’est ainsi que démarrera une longue et fructueuse collaboration entre les deux hommes à l’automne 1992. Au bout de quatre ans, Abdou Diop est nommé responsable du bureau de Rabat. « Trois ans plus tard, je devenais associé local. Et après l’obtention de mon diplôme d’expert-comptable, mon dossier a été présenté à Mazars pour devenir associé international du réseau du même nom en 2003 ». 
Parallèlement à la vie purement professionnelle, Abdou Diop mène une vie associative très dense. « Je considère aussi la vie associative comme un passe-temps très utile qui permet de changer un tant soit peu la face du monde. Quand on a eu la chance, dans cette vie, de bénéficier de certains avantages (éducation, formation) et qu’on a la santé, il faut mettre cet avantage au service de la collectivité ». 
Et de ce côté-là, Abdou Diop n’est vraiment pas avare de son temps, puisqu’il s’investit auprès de la communauté sénégalaise au Maroc. Il est ainsi président de l’Association des ressortissants sénégalais résidant au Maroc (ARSEREM) et également membre du Conseil et président de la Commission finances de la Fondation des émigrés sénégalais du monde qui intervient aussi beaucoup contre le fléau de l’immigration clandestine. Mais pas uniquement, puisqu’il donne un coup de main sérieux à plusieurs associations marocaines, notamment celles oeuvrant dans le micro-crédit. 
Mais, il ne faut pas croire qu’Abdou Diop est uniquement un mordu du travail. Ceux qui le connaissent savent que sa devise dans la vie est : «Work hard, play harder». «Je suis partisan de la valeur travail et du mérite. On peut avoir par moment de légers coups de pouce dans la vie, mais il faut d’abord, ensuite et encore, mouiller sa chemise. Par contre, je ne suis pas adepte du « travail et rien d’autre». Travailler dur doit permettre de mieux profiter des moments de détente et de loisirs. Plus on travaille, mieux on peut «s’amuser» sans s’inquiéter. Je préfère que l’on dise de moi : «il a beaucoup travaillé, mais il s’est bien amusé», plutôt que : «le pauvre, il a travaillé toute sa vie». Mais sa principale motivation dans la vie est avant tout sa famille, son harmonie, son bien-être et l’éducation de ses enfants. «Pour moi, c’est primordial». Malgré le train de vie extrêmement stressant qu’il mène, Abdou Diop a toujours, ou pratiquement toujours, le sourire et reste zen. Certainement, une qualité qu’il a su développer quand il était en Inde. Cela dit, il donne toujours cette impression d’être pressé. «J’ai toujours l’impression que les choses ne vont pas assez vite à mon goût». Mais il s’en remet toujours à la volonté divine ! 
Grand lecteur et aficionado de la musique sénégalaise, Abdou Diop adore le chiffre 21 parce que c’est son jour de naissance. Il adore également évoquer les souvenirs, tellement marquants de son long passage en Inde. «Il m’est arrivé trois choses invraisemblables toujours en liaison avec l’Inde : être en voiture et voir un groupe de personnes marcher toutes nues et sans chaussures, entourées de disciples ; il s’agissait de gourous qui avaient atteint le summum de la pureté et de l’immatériel, ce qui leur donnait ce privilège de marcher tout nus. Attendre 20 minutes dans un embouteillage qu’une vache sacrée se lève ou encore voir son maître de yoga couché sur un lit hérissé de clous avec des lests sur le corps». 
Mais cap sur l’avenir ! Si Abdou Diop pouvait remonter le temps, il aurait certainement fait ses études en sciences politiques pour entrer en diplomatie. Mais n’est-il pas toujours temps pour répondre aux sirènes de la politique et de la diplomatie ? Abdou Diop pourra toujours créer la surprise. 
Imane Bouhrara

Portrait paru le 25 septembre 2009 sur Finances News Hebdoabdou diop

Abdelhak Errakhmi, un homme de « chantiers »

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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Abdelhak Errakhmi, PDG de Finergy Une carrière riche et pleine de rebondissements que celle d’Abdelhak Errakhmi, le nouveau Président Directeur Général de la société de Bourse FINERGY BOURSE. Né sous le signe du Poisson à Casablanca, il poussera ses études autant que faire se peut avant d’entamer sa carrière dans les secteurs bancaire et financier qui le happeront pendant plus de 22 ans ! 

Très mature depuis sa tendre enfance, tel était Abdelhak Errakhmi, comme le lui ont expliqué sa mère et sa grand-mère. Né après ses deux sœurs, il est l’aîné des garçons. Ce qui lui vaudra une relation très privilégiée avec feu son père, un professionnel de la pêche maritime. Ses grands parents aussi aimaient à le voir chez eux. C’est ainsi qu’il passait des jours et des jours en leur compagnie. Il coulera ainsi une enfance douce et sereine et suivra une scolarité qui le mènera vers un Bac dans la branche économique. Bien qu’ayant été reçu, une première fois, au grand concours de l’ISCAE, Abdelhak Errakhmi caressait depuis sa tendre enfance l’ambition de poursuivre ses études en France et c’est ce qu’il fit. 
Abdelhak Errakhmi, alors âgé de 19 ans, rejoint l’Institut Universitaire de Technologie de Grenoble pour y poursuivre des études en informatique de gestion. Mais le rêve tournera court ! « J’ai été obligé d’interrompre mes études et de revenir au Maroc après le décès brutal de mon regretté père ». Ce fut probablement là le choc de sa vie. En tant que premier homme de la famille, il a préféré mettre ses études en veille pour être auprès de sa mère qui devait, seule, prendre les commandes de la famille et gérer les deux chalutiers de pêche laissés par le défunt et qui employaient une vingtaine de pêcheurs. 
Il aura fallu plus de trois mois à Abdelhak Errakhmi pour tout mettre en place et assurer une gestion de l’héritage. Mais cela l’a bien mis en retard par rapport à ses études ; alors, il a carrément laissé tomber la France pour rester auprès des siens, quitte à passer une année blanche. Il décide alors de retenter sa chance en repassant le concours de l’ISCAE et, une fois de plus, il était reçu. Il va y démarrer ses études et jongler entre la rage d’apprendre -rien ne valait ses études- et cette nouvelle responsabilité de chef de famille. En effet, il se réveillait très tôt, chaque jour, pour aller d’abord au port de Casablanca y superviser le retour des deux chalutiers avant de reprendre le chemin de l’ISCAE et se préparer pour une longue et studieuse journée. Ce furent quatre années très denses en apprentissage sur tous les plans ! Le couronnement viendra en 4ème année, puisque Addelhak Errakhmi terminera majeur de sa promo en option finance. 
Il pouvait, dès lors, postuler pour d’importants postes de responsabilité, mais il restait assoiffé de savoir, notamment sur le plan de la recherche et de l’analyse. « Je devais pousser davantage mes études et allier pratique et stratégie ! ». C’est pourquoi il renoue avec la France où il s’inscrit pour un DESS en Stratégie & Finance d’entreprises avant d’enchaîner avec un DEA en Sciences de gestion à l’Institut d’Administration des Entreprises de Bordeaux. Ses études doctorales aboutiront, en 1988, à l’obtention d’un Doctorat en sciences de gestion, option finance avec mention «très honorable». Mais pas seulement, puisque Abdelhak Errakhmi reçoit les félicitations du jury pour avoir obtenu ce doctorat en un temps record : deux ans contre une moyenne nationale (France) de trois à quatre ans. Il faut dire qu’Abdelhak Errakhmi n’a pas chômé depuis qu’il a posé pied en France. Même en n’étant pas boursier et ne disposant pas de suffisamment de ressources, il décide de ne pas travailler et ne fait qu’étudier d’arrache-pied. « «C’était mon choix de me consacrer entièrement à mes études et à mon travail de recherche ! ». Il sera immédiatement recruté par le Crédit Lyonnais où il a travaillé durant six mois pendant la préparation de sa thèse de Doctorat. Son assiduité, sa régularité et son sérieux dans son travail de recherche sur la pratique des prévisions financières et sa contribution à la performance d’une entreprise lui vaudront un poste, au sein de la même banque, qui lui a permis de pousser au plus loin la réflexion sur ce sujet. Et c’est ainsi qu’il entre de plain-pied dans le secteur bancaire, sous d’autres cieux, certes, mais ce n’était que le premier pas dans une carrière qui durera plus de 22 ans. 
Deux ans plus tard, Abdelhak Errakhmi décide de rentrer au pays comme il l’avait prévu avant même son arrivée en France. Nous sommes en décembre 1988, Abdelhak Errakhmi est approché par plusieurs organismes notamment bancaires, dès son arrivée. En janvier 1989, alors qu’il est sur la ligne droite pour rejoindre la Direction des Impôts ou la Trésorerie Générale, Abdelhak Errakhmi doit étudier une troisième option : le privé. Et c’est sans hésitation qu’il rejoint Wafabank où il passera une importante partie de sa carrière. D’abord en tant que haut cadre attaché à la direction de développement et stratégie. Après huit mois d’activité, Abdelhak Errakhmi va soumettre à ses supérieurs une demande assez insolite : il souhaite, en effet, faire de l’exploitation, aller sur le terrain. Et c’est ainsi que, pendant trois années, il sera en charge d’abord du développement d’une agence puis du lancement d’une nouvelle succursale. Entre-temps, il reçoit une proposition fort alléchante d’une holding marocaine où il bossera pendant quatre mois avant de revenir à ses premières amours : la banque ! « J’ai vu mon salaire quadrupler mais, avec le temps, je ne voyais pas, comme je l’aurais souhaité, un plan de développement de ma carrière. Alors, j’ai préféré quitter pour revenir à Wafabank ». 
Les responsables de la banque l’accueillent à bras ouverts vers la fin de 1992. À l’époque, la banque réfléchissait à la création d’une banque d’affaires. Abdelhak Errakhmi est immédiatement mis dans le coup. Il a fallu alors développer les principaux métiers du marché de Capitaux : Asset management, intermédiation boursière, capital développement, marché monétaire,… et intégrer le tout sous une seule bannière, ce qui permit le lancement d’ une des toutes premières banques d’affaires de la place. Et c’est ainsi qu’est née Wafa Gestion que Abdelhak Errakhmi a eu le plaisir de créer et de développer. Une success story puisque ce fut la première société de gestion de la place avec un leadership confirmé et une grande capacité d’innovation. L’aventure se poursuivra alors pendant 13 années de suite jusqu’en 2005. Les responsables de la banque avaient, en effet, d’autres propositions pour Abdelhak Errakhmi après que ce dernier a fait preuve de grande capacité et de passion pour la création et le développement de nouveaux projets. À l’époque, Wafabank et BCM étaient en train de fusionner pour donner naissance au champion national Attijariwafa. Mais cela ne pouvait se faire sans la fusion des filiales des deux banques. Et c’est ainsi qu’incomba à Abdelhak Errakhmi la tâche de veiller à la fusion de Wafa Gestion et d’Attijari Management, mais également l’incorporation après son rachat de Crédit du Maroc Gestion. Il fallait assurer l’émergence du 1er pôle gestion d’actifs au Maroc avec 43 % de part s de marché. 
Ce chantier à peine terminé, Abdelhak Errakhmi se voit confier de nouvelles responsabilités, d’envergure et de dimension internationales, par l’ex-PDG d’Attijariwafa bank : le projet Europe d’Attijariwafa bank. Il est ainsi nommé responsable du réseau Europe en mars 2005. Depuis son siège social à Paris, il devait assurer, durant cette phase de fusion entre les deux banques, une harmonisation au niveau du réseau présent dans 7 pays européens. Et, surtout, créer et mettre en place une nouvelle structure, Attijariwafa bank Europe, filiale bancaire du groupe, dont la mission est de doter le groupe d’une structure juridique et réglementaire à même de répondre aux exigences légales et, aussi, de jouer le rôle de fer de lance pour le développement du groupe à l’international : Europe, Maghreb, Afrique de l’Ouest et Moyen-Orient ! Une belle expérience internationale. 
«C’était pari gagné puisqu’au 28 décembre 2005, la banque était créée, après six mois de dur labeur ! ». 
La banque, qui n’avait que 14 agences en France, en comptait 25 en septembre 2008 et, au total, 50 en Europe, grâce à un déploiement du « Passeport européen » réussi, et quelque 235 collaborateurs. 
La réussite dans ses projets et de son parcours professionnel, Abdelhak Errakhmi la doit aussi à la présence, au soutien et à la complicité de sa petite famille. :Son épouse et ses deux fils, Amine et Ali, lesquels ont dû consentir, particulièrement pendant leur quatre années d’expatriation en Europe, des sacrifices et accepter des privations. Ce qu’ils essaient de compenser par moments, mêmes rares, de retrouvailles pour partager, entre autres, une des passions de Abdelhak Errakhmi : les voyages. 
Après 22 ans de carrière, Abdelhak Errakhmi a décidé de passer à autre chose ! 
« J’avais envie d’aller vers un nouveau défi. C’est ainsi que j’ai été nommé PDG de Finergy Bourse, dans le cadre d’un partenariat fructueux avec les actionnaires de celle-ci, pour en faire un acteur qui compte sur la place casablancaise ! ». Avec mes actionnaires et l’ensemble des équipes, nous ambitionnons de faire du Groupe Finergy un pôle financier intégré. « Sur les trois à quatre années à venir, nous comptons élargir le champ de métiers et d’expertises afin de pouvoir apporter à notre clientèle une réelle valeur ajoutée ! ». Bon vent ! 
Imane Bouhrara

portrait paru le 30 septembre sur Finances News Hebdo 

Hello world!

Posted 02/10/2009 by portraitsdumaroc
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