Abdelmalek Alaoui évolue dans un univers assez particulier et qui commence juste à émerger au Maroc. Celui de l’intelligence économique. En effet, s’il est le président du Forum Francophone des Affaires au Maroc, il est également associé gérant de «Global intelligence Partners». L’auteur du livre «Intelligence économique et guerres secrètes au Maroc», nous livre quelques informations… stratégiques sur son parcours.
Il est futé ce Abdelmalek Alaoui ! Normal quand on se lance dans l’intelligence économique, me direz-vous ! Il faut dire que dans la vie, sa devise est : «Si tu ne peux pas passer par la porte, utilise la fenêtre, si elle est fermée, passe par la cheminée» ! Et, preuve à l’appui, c’est une personne plus que réactive ! Avec des plannings très corsés, Abdelmalek se rappelle avec nostalgie la joie d’avoir du temps quand il était enfant. «Ce qui est devenu aujourd’hui un luxe pour tout le monde. Les grandes vacances s’étalaient sur presque trois mois durant lesquels la famille était réunie».
Très tôt, il a su la voie qu’il allait suivre. «J’ai toujours été passionné par la communication politique et les «spin doctors» tels qu’on en trouve à Washington. Et j’ai failli en faire mon métier après avoir étudié aux Etats-Unis ; mais des rencontres professionnelles ont fait que je me suis intéressé à l’intelligence économique, puis je me suis passionné pour cette discipline qui allie à la fois surveillance stratégique et communication offensive. C’est donc naturellement que j’ai décidé de faire un troisième cycle à Paris pour me spécialiser en IE».
Chaque jour, Abdelmalek Alaoui démarre ses journées de la même manière. Qu’il soit au Maroc ou à l’étranger, il commence toujours par lire la presse, ainsi que les synthèses préparées par ses collaborateurs. «C’est l’étape de «mise en condition», ensuite je suis le programme de la journée que je prends soin de corriger la veille au soir sur mon agenda papier. J’essaie de tenir le moins de réunions possible et privilégie les échanges par mails ou téléphone. Comme j’ai une tendance à voir les dossiers s’empiler sur mon bureau, je me force, une fois par semaine, de faire une séance «rangement», afin de jeter ou d’archiver ce qui n’est plus nécessaire».
De par son métier, Abdelmalek Alaoui commence la veille stratégique par la lecture et son choix se porte sur les écrits utiles, notamment la presse mais aussi les ouvrages qui touchent à l’actualité brûlante ou qui tentent de deviner l’avenir. «Mais j’essaie de casser cela avec un polar ou un roman d’espionnage. J’aime aussi beaucoup les autobiographies et les journaux». A son avis, il n’y a meilleure tactique pour l’économie marocaine que d’attaquer. D’ailleurs, dans une des interviews accordées à la presse, il dit, grosso modo : «Il faut qu’on arrête de jouer à la belote et qu’on devienne plus agressif en se mettant à jouer au poker», faisant référence à l’importance de prendre des risques dans ce monde devenu très compétitif et où se livre une vraie guerre d’information.
Pour y arriver, Abdelmalek Alaoui a déjà sa petite idée : créer le manager marocain hybride; celui qui surveille comme un Chinois, analyse comme un Français et agit comme un Américain !
La compétition l’intéresse sur tous les plans, même quand il pratique son sport favori, le tennis, de manière hebdomadaire !
Par ses lectures ou probablement pour s’être lancé dans l’écriture, Abdelmalek Alaoui possède un style très particulier qui plonge rapidement le lecteur dans le vif du sujet. Il a également le sens de la répartie qui n’est d’ailleurs pas dénué d’humour. Ainsi, au lieu de répondre aux questions, il pose des colles. Quand on lui demande quelle est sa meilleure qualité et son pire défaut, il se lance : «J’aime beaucoup les réponses que donnent les gens habituellement à cette question, car ils ont tendance à donner une réponse du genre : «Je suis trop exigeant», ou bien «impatient, car j’aime le travail bien fait». Bien entendu, ceci reflète en réalité une qualité. Je vais donc me permettre de botter en touche quant à mes défauts et qualités, car c’est aux autres de déterminer ces aspects». Difficile, effectivement, de soutirer des informations à une personne qui connaît la valeur d’une information !
Il daigne néanmoins nous parler de ses goûts musicaux et cinéphiles. «Au risque de paraître ringard, j’écoute de la musique très commerciale, qui passe à la radio. Néanmoins, j’ai un faible pour Franck Sinatra. Mon film préféré est sans conteste le film français «Les patriotes» d’Eric Rochant. Le scénario, les acteurs, tout y est parfait, et l’histoire qui entoure le film est également extraordinaire, puisqu’il était promis à la Palme d’or à Cannes, avant qu’un obscur réalisateur américain n’y présente un certain «Pulp fiction», je crois que c’était en 94 ou 93».
Même si, de par son travail, Abdelmalek Alaoui a une vie sociale assez chargée, il essaye au mieux d’avoir une hygiène de vie très stricte, de dormir au maximum en se couchant assez tôt. «Malheureusement, ce n’est pas toujours possible à cause du travail …». Sa manière de déstresser est insolite. «Je dois avoir un trouble obsessionnel compulsif, mais j’aime bien faire les emplettes où me rendre dans un magasin de bricolage, c’est ce qui me détend le plus».
Sachant qu’il a peu d’amis mais beaucoup de copains, il profite des moments de vacances pour les passer avec les siens. D’ailleurs, Abdelmalek aimerait bien consacrer une année sabbatique à étudier l’histoire ou la métaphysique dans une grande université américaine ou anglaise ; mais rien d’utile, juste pour le plaisir…
Mais pour l’instant, il est toujours fidèle au poste !
Imane Bouhrara
Portrait Paru le 29 juillet 2009 sur Finances News Hebdo